VW Forest à nouveau menacée

MARCEL LINDEN Publié le - Mis à jour le

Actualité

CORRESPONDANT EN ALLEMAGNE

L'usine de Forest, considérée en Allemagne comme l'un des plus faibles maillons dans l'empire Volkswagen, va-t-elle devoir fermer? Le groupe de Wolfsburg esquive la réponse. Obligé de réagir à une spéculation du «Financial Times», il remarque simplement sur son site Internet «qu'aucune décision quant à la fermeture de sites de production n'a été prise» et que «nous ne spéculons pas sur la fermeture d'une usine en particulier». Mais il est tout aussi évident que le groupe, secoué par ailleurs par une affaire de corruption, prépare l'opinion à des mesures draconiennes. Le nouveau chef de la marque Volkswagen, Wolfgang Bernhard, a annoncé pour la fin de l'année un plan de restructuration.

Dans une interview à l'hebdomadaire «Der Spiegel» parue lundi, l'homme à poigne avait déjà répondu à la question de savoir si le groupe fermerait ou vendrait des usines: «Pour l'instant je ne puis y répondre.» Mais il ne cache pas que VW a «des problèmes massifs que nous devons appréhender immédiatement». Au niveau de la marque Volkswagen, actuellement dans le rouge, ces problèmes «sont très sérieux et nous devons les maîtriser à temps pour ne pas devenir un cas d'assainissement».

Il évalue les efforts à fournir à environ sept milliards d'euros. Il faudra abaisser les coûts de fabrication de cinq pour cent au cours des prochaines années sans pour autant négliger la qualité. Il avertit que la «traversée du désert sera longue». En effet, le groupe n'a pas de nouveaux modèles en réserve, les nouvelles Golf, Touran et Passat viennent de sortir et la construction de modèles entièrement neufs coûterait fort cher.

L'ex-manager de Daimler Chrysler, qui avait dû quitter le groupe de Stuttgart pour inimitiés avec les représentants ouvriers, veut faire une économie de 2000 euros par voiture. Toutefois, conformément à la tradition Volkswagen, il assure vouloir y arriver sans licenciements massifs. Pour les experts, une éventuelle fermeture du site de Forest ne serait pas annoncée avant la publication du plan Bernhard en fin d'année; une mesure isolée ne rimerait à rien à un moment où le groupe doit arrêter une stratégie cohérente mettant à contribution l'ensemble des usines dans des dizaines de pays. Le jeune Bernhard a lancé son coup de fanfare à un moment où le groupe est paralysé par un scandale de corruption. L'omnipuissant directeur du personnel Peter Hartz, ami du chancelier Schröder, qui a prêté son nom aux réformes du marché du travail allemand, a proposé de démissionner et il ne fait pas de doute que le présidium du conseil de surveillance acceptera ce mardi son départ. «Bild-Zeitung» avait provoqué sa chute en interviewant une prostituée brésilienne qui l'avait rencontré plusieurs fois dans une chambre d'hôtel, la prestation ayant été apparemment payée par l'entreprise. Dans l'atmosphère puritaine de Wolfsburg, ville de 100000 habitants en Basse-Saxe, ces choses ne passent pas.

© La Libre Belgique 2005

Publicité clickBoxBanner