Auto Très en retard sur la fiscalité automobile verte, le Sud du pays travaille à se rattraper.

D’accord, ce sont des chiffres microscopiques, mais le constat est là : en Wallonie, on immatricule moins de 10 % du total des véhicules électriques en Belgique. Le constat est à peine moins cruel pour les hybrides. Dans les deux cas, la grande majorité des véhicules présentés comme verts est immatriculée en Flandre.

Face à ce constat, "notre priorité en termes de mobilité est un verdissement du parc de véhicules bien réel", affirme Carlo Di Antonio. Au Salon de l’auto, jeudi, le ministre wallon de l’Environnement (CDH) va annoncer un "verdissement de la flotte publique pour atteindre 100 % de véhicules verts d’ici 2030". Dès 2017, il est question d’introduire dans les marchés publics une proportion de véhicules à motorisation alternative qui pourrait atteindre 50 %. Les véhicules administratifs, de fonction et de transport sont concernés.

Il y a quelques jours, Carlo Di Antonio a inauguré 11 bus semi-électriques pour Namur en admettant : "Avec un taux d’occupation moyen de 11 per sonnes par véhicule Diesel, en matière environnementale, le bus n’apporte rien. Il faudrait 15 personnes et des véhicules propres."

Les pouvoirs publics wallons entendent montrer l’exemple. Febiac, association des constructeurs, n’est pas contre un verdissement des flottes publiques, mais estime qu’il n’est pas correct de privilégier l’une ou l’autre technologie. En 2030, quelle sera la plus respectueuse de l’environnement ?

Tesla, oui

Le ministre Di Antonio roule lui-même en Tesla, un type de véhicule tout électrique puissant. Il a échappé de justesse à une taxe de mise en circulation de 5000 euros. La Wallonie ayant rectifié le tir depuis mai 2016, la TMC est retombée à une soixantaine d’euros pour ce véhicule zéro émission.

Si la Wallonie est tellement en retard sur la Flandre, les Pays-Bas ou la Norvège à propos de la motorisation électrique, c’est à cause de distances plus grandes et d’autonomies encore limitées, de moyens financiers moindres pour des coûts encore élevés. Mais la fiscalité joue ici un rôle prépondérant.

En Flandre, pour les véhicules électriques, hybrides et au gaz naturel comprimé (GNC), il n’y a ni taxe de mise en circulation (TMC), ni taxe de circulation annuelle (TCA) jusqu’en 2020. Cette fiscalité incitative se complète d’une prime pour tout véhicule zéro émission de 4 000 euros maximum cette année, 2 500 en 2019. Et surtout, cette fiscalité ne tient plus uniquement compte de la puissance des véhicules, les chevaux fiscaux, pour frapper.

Le ministre wallon du Budget, le socialiste Christophe Lacroix, planche ferme sur la question. A son cabinet, l’on nous dit que la réflexion tourne autour de trois axes : ne plus tenir compte de la seule puissance fiscale, intégrer les considérations environnementales, et respecter la justice sociale.

En effet, un paradoxe veut que les véhicules les plus respectueux de l’environnement ne sont pas les plus petits, meilleur marché, mais les plus chers. Ainsi, "Tenir compte des seuls critères environnementaux comme le fait la Flandre, c’est abandonner les citoyens dont les revenus sont les plus faibles", dit Charlotte Quevedo, porte-parole.

Cette réforme de la fiscalité automobile wallonne, c’est la quadrature du cercle, d’autant qu’elle doit rester claire et compréhensible par tous. Les discussions au sein du gouvernement wallon auront lieu au premier trimestre de cette année, la réforme devant prendre effet à l’exercice 2018.