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Un actionnaire de Renault a porté plainte mercredi à Paris pour "abus de bien social" et "diffusion de fausse information au marché", deux jours après l'arrestation au Japon du patron du groupe, Carlos Ghosn, soupçonné de malversation financière, a annoncé son avocat à l'AFP.

Cet actionnaire individuel veut obtenir réparations pour la chute du titre du constructeur entraîné par l'annonce lundi de l'arrestation du PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a expliqué Me Frederik-Kanel Canoy, qui dit représenter une "dizaine" d'autres actionnaires souhaitant porter plainte à leur tour.

Le parquet japonais reproche à Carlos Ghosn d'avoir "conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015", en déclarant une somme totale de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros) au lieu de près de 10 milliards de yens. Sa garde à vue a été prolongée mercredi pour dix jours.

S'appuyant sur cette accusation, cette plainte contre X a été déposée mercredi auprès du parquet de Paris pour tenter d'obtenir l'ouverture d'une enquête pour "abus de bien social" et "diffusion de fausse information au marché", un délit boursier.

La question se pose donc d'une transmission éventuelle de la plainte au parquet national financier, qui a compétence exclusive en matière de délits boursiers.

Mardi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a assuré qu'il n'y avait "rien de particulier à signaler sur la situation fiscale de M. Ghosn en France".

"Il est évident que la société Renault et la société Nissan ne pouvaient ignorer les agissements de M. Carlos Ghosn et risquaient de fournir ou transmettre au marché des informations inexactes sur la valeur réelle du titre (...) ces informations trompeuses étant de nature à agir sur les cours", affirme la plainte consultée par l'AFP.

"On peut légitimement se poser la question de savoir comment M. Ghosn aurait réussi à fausser les chiffres de sa rémunération pendant cinq longues années", est-il écrit.

Concernant l'abus de bien social, la plainte dénonce "des rémunérations semblant excessives" et "l'achat de luxueuses résidences" mises à disposition de M. Ghosn dans quatre pays et financées par une filiale de Nissan, comme l'ont rapporté les médias japonais.

"Il n'y a aucune raison que les actionnaires ayant fait confiance à Renault, qui est une société solide, subissent de plein fouet la perte de sa valeur en bourse malgré ses résultats dithyrambiques annoncés", a déclaré Me Canoy.

A la bourse de Paris, le titre Renault avait regagné du terrain mercredi (+1,10% à 59 euros), après avoir perdu plus de 9% depuis lundi.