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On a du mal à le croire, surtout quand on voit la part quasi insignifiante - de l’ordre de 2 % en Belgique, si l’on compte aussi les véhicules hybrides - que représentent les voitures électriques dans le marché actuel de l’automobile. Et pourtant, tous les constructeurs s’y mettent de plus en plus sérieusement. Si, en effet, on ne comptait guère qu’1,250 million de voitures recourant à la propulsion électrique dans le monde en 2015, une étude Bloomberg prévoit le doublement de ce chiffre pour 2020 (dans quatre ans donc !) et l’explosion du marché en 2040, avec 41 millions d’autos électriques sur les routes du monde, autrement dit 35 % du marché des véhicules légers.

Du coup, on comprend mieux la vision à long terme des constructeurs. Et "long terme" n’est sans doute pas la meilleure expression en l’occurrence, car il s’agit d’être prêt, vite, pour ne pas dire quasi tout de suite. La concurrence, on le sait, fait rage dans le secteur et si on ne veut pas être largué, il vaut mieux faire partie des pionniers. Au Salon de Paris, qui se tient actuellement, quelques modèles annoncent un avenir (plus) rose pour la "voiture verte".


La Volkswagen I.D.

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Avant même d’être dévoilé dans la Ville Lumière, le prototype I.D. avait été présenté par Volkswagen "comme le nouvel ambassadeur du monde mobile qui révolutionnera le marché au même titre que le fit la Coccinelle voici sept décennies !" Ce concept particulièrement abouti, inaugure la vaste offensive électrique que le groupe allemand vient de lancer et prépare le public à la berline compacte zéro émission qu’il lancera en 2020. Tiens, tiens, nous y revoilà ! Cette étude propose l’habitabilité d’une Golf dans un format ultracompact de 4,10 m (15 cm de moins que la mythique compacte mais 13 cm de plus en empattement !) Puisque, il faut le préciser, la tendance sera désormais à la réalisation de voitures plus petites à l’extérieur mais grandes quand même à l’intérieur.

Plus important dans le cadre de nos propos, ce premier exercice autour de la plate-forme MEB, est propulsé par un moteur électrique de 125 kW (ou 170 CV), placé sur l’essieu arrière, et promet une autonomie comprise entre 400 et 600 km. Pour recharger les batteries à 80 %, il ne faudrait que 30 minutes environ. Cela reste, certes, beaucoup pour un utilisateur pressé, mais c’est raisonnable pour quelqu’un qui ne doit pas avaler les kilomètres à longueur de journée, ce qui représente quand même la majorité des propriétaires de voitures…

Toutefois, cette… I.D. va plus loin encore. Le groupe de Wolfsburg n’explique pas encore toutes les possibilités que recèle ce concept, mais il est clair qu’il touche également à l’autonomie complète ! D’ailleurs, une simple pression du doigt sur le logo du volant et, comme par enchantement, celui-ci disparaît dans le tableau de bord. La conduite entièrement assistée commence alors. Il faudra toutefois patienter jusqu’en 2025 pour profiter de cette technologie sur la route. Mais 2025, c’est demain déjà… A noter que lorsque la première version (électrique donc) de ce concept I.D. apparaîtra en 2020, son prix devrait être à peu de chose près identique à celui d’une Golf.


La génération E.Q. de Mercedes

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Attention, nous ne parlons pas ici d’un futur modèle mais bien d’une marque, ou sous-marque de Mercedes. Son nom ? Génération E.Q. ! Elle regroupera tous les modèles faisant appel à "l’intelligence électrique" du constructeur allemand. Comme Smart ou AMG, ce sera une entité du groupe à part entière.

A Paris, c’est un SUV relativement classique dans sa forme extérieure qui symbolisait la naissance de ce nouveau (gros) bébé. L’intérieur, très épuré, était certes plus novateur que l’extérieur, notamment avec un large écran multimédia mesurant 24 pouces, de format panoramique, qui concentre toutes les informations de conduite mais également l’infodivertissement particulièrement connecté. Les spécialistes auront, avec un sourire, noté la ligne bleue présente un peu partout dans l’habitacle dont une autre grande marque allemande, BMW pour ne pas la citer, avait presque fait son label pour ses véhicules électriques… Ce concept est animé par deux moteurs électriques - disposés sur les essieux avant et arrière - d’une puissance équivalente à 408 CV. Excusez du peu ! L’autonomie annoncée est de 500 km.

Ce SUV "d’un autre type" devrait être produit dans les trois années à venir, notamment pour concurrencer une certaine TeslaX qui fait grand bruit dans le petit monde automobile. Trois ans, c’est même presque trop long. On parle d’un prix équivalent à celui d’un GLC bien équipé.

Pour le reste, le grand patron du groupe, Dieter Zetsche, a rappelé que le constructeur disposera de dix modèles 100 % électriques en 2025, lesquels représenteront entre 10 et 25 % de ses ventes globales.


Renault : de Zoé à Trezor

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Renault, de son côté, dispose aujourd’hui d’une petite Zoé électrique qui peut parcourir 400 km grâce à une nouvelle batterie plus performante.

Dans la capitale française, la firme au losange dévoilait également un prototype pour le moins impressionnant, baptisé Trezor. Il s’agit d’une GT, bien sûr, mais Renault ne s’en cache pas, l’habitacle, tout comme les faces avant et arrière, annoncent ceux de ses futurs modèles. On demande à voir quand même… Animé d’un moteur électrique de 350 ch emprunté à la Formula E, ce Trezor anticipe nos futurs voyages en mode autonome, avec, par exemple, la possibilité pour le conducteur, de visionner un film tout en roulant. Pour plus de confort, le volant à double méplat s’étire à l’horizontale en dégageant une vue panoramique sur le tableau de bord. Ou quand l’auto se mue en salle obscure… Pour cela, quand même, il faudra encore attendre quelque temps. Pour faire le joint avec une actualité criante, si c’est définitivement la fin "des banques à papa", ce sera aussi, tout bientôt, celle des autos de nos pères et de nos grands-pères…


Opel : de l’Ampera à l’Ampera-e

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On le constate aujourd’hui plus que jamais : le monde électrique n’est pas - ou plus - la chasse gardée des constructeurs premium. Faut-il rappeler le succès des Nissan Leaf ou des hybrides Toyota ? Opel, pour sa part, a présenté à Paris son Ampera-e (succédant à la première du nom qui fut un flop commercial total) offrant une autonomie de 500 km elle aussi.

Avec l’Ampera-e pour l’Europe et sa cousine américaine la Chevrolet Bolt, le groupe General Motors affiche clairement ses intentions de jouer un rôle majeur sur le marché des voitures électriques où il dispose désormais d’une carte maîtresse et d’un coup d’avance sur bon nombre de ses concurrents, lesquels, souvent, annoncent la sortie de nouveaux modèles à partir de… 2018. L’Opel électrique, elle, sera disponible dans les concessions dès le printemps prochain.