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Le gouvernement a trouvé un accord sur le budget mobilité ce vendredi. Celui-ci va un peu plus loin que la solution de l'allocation mobilité, aussi connu sous le nom de "cash for car", car plusieurs formules seront possibles. Mais l'objectif reste le même: réduire le nombre de voitures de société sur les routes, et donc les embouteillages, tout en conservant un avantage salarial intéressant.

Un rapport du SPF Mobilité estime quant à lui que l'impact restera limité et que seulement entre 15.000 et 50.000 ménages pourraient renoncer à leur voiture de société.

Mauvais pour le business?

Par contre, cette mesure risque tout de même de faire grincer des dents les constructeurs automobiles. Pourquoi? Tout simplement parce chaque année ou presque, une nouvelle voiture sur deux immatriculées en Belgique est une voiture de société, en leasing ou non.

Le parc automobile dans son ensemble n'est pas pour autant constitué à 50% de voitures de société. Celles-ci finissent assez rapidement sur le marché de l'occasion, entre les mains de particuliers.

Selon la Febiac, en 2016, le nombre total de voitures de société atteindrait 873 288 unités, auxquelles s'ajoutent près de 280 000 voitures de travailleurs indépendants. Le parc automobile belge est quant à lui constitué de plus de 5 712 000 voitures. Les véhicules de société représenteraient donc moins d'un sixième du total. Mais tout de même. La Belgique est l'un des pays européens avec le plus de voitures de société par rapport à son parc automobile.

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Le secteur défend d'ailleurs son morceau de pain. Il insiste sur le fait que le système de voitures de société fait diminuer l'âge moyen du parc automobile et permet un renouvellement des modèles plus anciens et plus polluants (mais cela n'exclut pas d'emblée les plus vieux modèles, ndlr). 

Jean-Marc Ponteville, Public Relations manager chez D'Ieteren, nous faisait part de son opinion lors des débats sur la mesure "cash for car". Il estime que la volonté de réduction du nombre de voitures de société n'aura pas forcément d'effet positif. 

"Les déplacements pour le travail, le nombre de kilomètres parcourus, vont rester. Le véhicule de société sera remplacé par une autre voiture. Plus petite peut-être, mais qui restera plus longtemps, avec des technologies plus anciennes et au final plus polluantes. Les voitures de société permettent de faire progresser le marché en matière de protection de l'environnement et de sécurité."

Vendre du haut de gamme

Difficile d'affirmer que les constructeurs veulent à tout prix que la Belgique conserve le système de voiture de société. Néanmoins, on constate que la vente de ce genre de véhicules est importante. En plus,  ça permet de vendre des modèles haut de gamme que les particuliers n'achèteraient pas forcément neufs. Jean-Marc Ponteville le confirme: les voitures de société représentent une grosse part de marché et le leasing fait la part belle aux voitures "premium". L'avantage des modèles premium est qu'ils gardent une valeur résiduelle importante. Les sociétés de leasing, qui calculent le coût total de l'investissement, s'y retrouvent. Le prix au km est moins élevé, car le prix de revente est plus intéressant. Et c'est bénéfique pour les constructeurs, qui vendent plus de voitures...

On peut donc déduire qu'une réduction du nombre de voitures de société entraînerait à moyen terme un ralentissement des ventes et mettrait un certain frein au business du leasing, et donc des constructeurs. Une conclusion confirmée par les bons chiffres des ventes de voitures en début de cette année - effet salon et renouvellement des flottes oblige - particulièrement en Flandre, où les sociétés de leasing sont les plus nombreuses, comme en périphérie de la Région bruxelloise.

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