Auto C’est le constat posé par Test-Achats, pour près d’une auto du groupe VW sur deux reprogrammée en Belgique. VW dément.

C’était il y a 27 mois déjà. En septembre 2015, le séisme Dieselgate fissurait le sol de l’industrie automobile comme jamais auparavant. Le scandale, révélé par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), est de taille : le groupe Volkswagen a pipeauté les résultats d’émissions polluantes (CO2 et NOX, les fameux oxydes d’azote) sur 11 millions de ses voitures écoulées dans le monde (32 modèles de VW, Audi, Seat et Skoda. Et, selon D’Ieteren, importateur du groupe VW en Belgique, 275 000 autos belges, bien plus polluantes, donc, qu’annoncé.

Plus de deux ans plus tard, comment le Dieselgate a-t-il évolué en Belgique ? Pas forcément bien, à en croire une étude menée par Test-Achats (et ses homologues espagnole, portugaise et italienne) révélée par nos confrères de "La DH". Enquête menée auprès de 10 600 propriétaires de véhicules incriminés, dont 3 000 Belges.

Surconsommation et perte de puissance constatés

En Belgique, D’Ieteren avait, rapidement après le scandale, pris langue avec l’ensemble des possesseurs de véhicules frappés du Dieselgate, pour les convier à une mise à jour (évidemment gratuite) du logiciel tricheur en concession. Une reprogrammation qui, à ce jour, selon l’enquête, a été opérée par 67 % des propriétaires de véhicules concernés. Bémol ? Un nombre considérable d’entre eux en sont pour leurs frais : "Près de la moitié des véhicules corrigés par Volkswagen présentent, selon leurs propriétaires, des problèmes. Donc non seulement Volkswagen n’indemnise pas ses clients, mais le fabricant se révèle, en prime, incapable d’effacer les conséquences de ses propres trucages. Edifiant !", tonne Test-Achats.

Des "problèmes" ? Mais encore ? "Plus de quatre propriétaires sur dix (45 %) ont noté des modifications de leur véhicule suite à la mise à jour du logiciel. La plainte la plus fréquente reçue porte sur l’augmentation de la consommation. Quelque 55 % des conducteurs en font part." A ce titre, c’est la prisée (des particuliers, comme des sociétés) Audi A4 qui semble la plus touchée : 70 % des A4 post-mise à jour consommeraient plus qu’avant. "La deuxième plainte le plus souvent signalée est la perte de puissance. Dans ce cas-ci, Seat est le plus mauvais élève." Pour 13 % des sondés, ces altérations du comportement de leur auto se sont révélées tellement pénalisantes qu’elles les ont conduits à repasser au garage. "Le coût moyen de la réparation ? 859 €, explique Julie Frère, de Test-Achats. Une somme, selon notre enquête, supportée, au moins partiellement, par 78 % des sondés, alors que 23 % des garagistes admettent qu’elle est la conséquence de l’application du correctif !"

VW parle, de son côté, d’"1% de retours négatifs"

Jean-Marc Ponteville, directeur de la communication pour D’Ieteren, commente les conclusions de l’étude… avec la plus grande circonspection. "Les chiffres m’étonnent. Les retours négatifs suite à la reprogrammation, déjà opérée sur 75 % du parc belge, sont infimes d’après nos statistiques : de l’ordre de 1 %." Bien loin des 45 % évoqués par T-A... "La mise à jour ne modifie en rien la voiture, ni sa consommation, ni ses performances, reprend Jean-Marc Ponteville. Ce process a été homologué auprès de l’organisme fédéral allemand KBA. Si des soucis se sont manifestés après la mise à jour, c’est parce qu’elle a éventuellement pu révéler des problèmes dormants, préexistants et indépendants ..."