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Le scandale des émissions polluantes de Volkswagen va faire l'objet d'une commission d'enquête au parlement allemand, qui devait être mise sur pied jeudi et sera chargée de déterminer les responsabilités du gouvernement allemand dans l'affaire.

Une séance constitutive était prévue à partir de 14H00 GMT.

Créée à l'initiative de l'opposition (Verts et Linke) mais composée aussi de députés de la coalition au pouvoir entre conservateurs (CDU-CSU) et sociaux-démocrates (SPD), la commission examinera les agissements depuis 2007 du gouvernement allemand, dirigé par la chancelière Angela Merkel, face aux dépassements par les constructeurs automobiles du seuil autorisé d'émissions polluantes.

"Nous voulons savoir pourquoi le gouvernement a fermé les yeux aussi longtemps alors qu'il existait de nombreux indices que les voitures ne respectaient pas les seuils autorisés sur la route", a expliqué Herbert Behrens (Linke, extrême-gauche), président de la commission.

Il s'agit seulement de la cinquième commission d'enquête parlementaire de la législature actuelle, débutée en 2013. Les précédentes ont concerné par exemple le terrorisme d'extrême-droite de l'organisation NSU, ou encore les pratiques d'espionnage des services secrets.

La création de cette nouvelle commission fait suite au scandale qui a éclaté en septembre dernier, lorsque le géant européen de l'automobile Volkswagen a dû reconnaître avoir manipulé un logiciel installé sur 11 millions de véhicules diesel pour pouvoir faire passer ces derniers, lors de contrôles, pour moins polluants qu'ils ne le sont en réalité.

Le "dieselgate" a fait tache d'huile dans l'industrie automobile mondiale et mis au jour une pratique répandue chez certains constructeurs, qui permet au système de filtration des émissions polluantes d'être systématiquement désactivé quand la température extérieure descend sous un certain seuil.

La commission d'enquête devra boucler son rapport avant les prochaines élections législatives, dans le courant de l'année 2017. Elle souhaite savoir ce que Berlin a entrepris concernant le respect des règles sur les émissions polluantes - jugées trop permissives par les associations environnementales- et quand le gouvernement allemand a été mis au courant de la manipulation.

Le chef de file des Verts au Bundestag, Oliver Krischer, cité par l'agence allemande DPA, dénonce une "défaillance organisée de l'Etat, ayant rendu possible la fraude et la tricherie d'un secteur entier".

Les auditions de témoins et d'experts ne devraient commencer qu'à la rentrée parlementaire, en septembre.

"Le ministre des Transports (Alexander) Dobrindt sera certainement un témoin parmi beaucoup d'autres, ainsi qu'une ou plusieurs personnes issues du management de Volkswagen", a estimé Dirk Wiese, membre (SPD) de la commission, dans une interview au journal Saarbrücker Zeitung.

Le ministère allemand des Transports a déjà mené une enquête sur les émissions des véhicules diesel, qui a mis au jour en avril des irrégularités concernant 16 marques automobiles.

Mais ses conclusions "soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses", estime le président de la commission M. Behrens dans une déclaration écrite reçue par l'AFP. "Le vrai travail d'éclaircissement commence seulement aujourd'hui", affirme-t-il.