Auto On sait que le groupe VW a complètement changé son fusil d’épaule depuis le dieselgate. Mais saviez-vous que la voiture sans pédale ni volant est déjà… sur les rails.

On a l’habitude de dire que Genève est le Salon de tous les excès. Excès de luxe, bien entendu, excès de sport, évidemment, excès de nouveautés, fatalement, excès de technologie, certainement !

Technologie, les constructeurs ne parlent d’ailleurs que de cela aujourd’hui. Et, à ce titre, le groupe VW a réaffirmé sa volonté d’être un leader mondial de la mobilité durable en présentant en Suisse un concept assez révolutionnaire : le Sedric (pour self driving car). Et rien qu’à la vue de ce modèle, on comprend tout de suite où le constructeur veut en venir. Avec sa petite bouille sympa d’ours panda robotisé, déjà, il ne ressemble en rien à une voiture du groupe, pour ne pas dire carrément qu’il ne ressemble pas le moins du monde à une voiture. Si on le mettait sur des rails, on se dirait qu’il s’agit d’une nouvelle sorte de wagon, pour quatre personnes, une manière haut de gamme de voyager en chemin de fer.

La voiture de demain

Ce qui est intéressant dans ce concept, c’est qu’il prévisualise plus que probablement ce que deviendra vraiment (mais progressivement) la voiture de demain : un simple module de transport pour aller d’un point A à un point B. Pas besoin de longs capots pour des moteurs tranquillement logés dans le plancher. Ni de formes aérodynamiques pour des autos, pardon, des modules, qui seront de toute façon à vitesse limitée. Juste un grand espace intérieur, bien évidemment hyperconnecté, pour pouvoir y travailler ou s’y détendre durant les trajets. Ah oui, aucune futilité non plus, du genre volant, pédalier, tableau de bord ! Les portes latérales coulissent comme dans le métro…. A l’intérieur, deux banquettes se font face, comme dans un petit salon. Résultat : l’empattement d’une Volkswagen Up pour l’habitabilité d’une Passat !

Un premier modèle pour 2024

Bon, là encore, vous vous dites que ce "truc-là" n’est pas pour demain. Détrompez-vous ! Selon les ingénieurs de VW, cette "navette" devrait déjà être opérationnelle dans 7 ans ! Et 2024, c’est demain !

Dans ce futur relativement proche, il suffira d’appeler le véhicule via son smartphone, qu’il vous appartienne ou qu’il soit proposé en autopartage. Sedric viendra alors vous chercher, pourra vous reconnaître grâce à ses yeux caméras et vous ouvrir ses portes. Ne reste plus qu’à lui susurrer votre destination et vous laisser (trans) porter… "L’idée est que, à l’avenir, adultes, enfants, retraités, personnes handicapées, urbains sans voiture ou sans permis, touristes, chacun puisse en un claquement de doigt décider de se rendre d’un point à un autre en utilisant un dispositif de mobilité pratique", disait-on chez VW lors de la présentation genevoise. Le constructeur ne doute pas une seconde que "Sedric conduira les enfants à l’école, emmènera leurs parents au bureau, trouvera lui-même une place de stationnement, ira chercher les courses préalablement commandées, récupérera un ami à la gare ou ira chercher le fiston à son entraînement de foot, le tout d’une simple pression sur un bouton, par commande vocale ou via une application pour smartphone, et de manière automatique, fiable et sûre".

Nous connaissons déjà des papas et des mamans qui se disent qu’attendre 7 ans, c’est bien trop long, eux qui passent tant de moments à conduire leurs enfants dans les embouteillages… Sedric sera donc davantage un assistant et un compagnon de voyage. Une logique qui, paraît-il, séduit des géants de l’information tel un certain Google, qui envisage d’offrir la gratuité des transports autonomes partagés en échange de la diffusion de publicité durant le trajet. Le vaste écran OLED à réalité augmentée qui obscurcit le pare-brise de la Sedric étant l’outil idéal pour faire ses courses sur internet. Une technologie dérivée de celle de l’A 6 La technologie autonome de ce véhicule a été testée sur route, a expliqué Ulrich Eichhorn, le patron de la Recherche&Développement du groupe.

L’A 6 source d’inspiration

Mais Sedric ne s’est pas entraîné tout seul, les ingénieurs ont emprunté et adapté les systèmes de conduite autonome développés pour l’Audi A 6. Pour se déplacer sans personne au volant, le concept utilise cinq lidars ainsi que de nombreuses caméras et radars. Un ordinateur central analyse l’ensemble des données récoltées pour reconstituer le monde en mouvement autour de lui, en s’appuyant sur ses propres cartes détaillées stockées à bord et les données transmises par les autres Sedric sur la route.

Mais si vous êtes le premier à rouler en Sedric, forcément, il sera aussi capable de circuler sans l’assistance de ses congénères… On sait que certains parmi vous, les purs et durs, grinceront des dents en découvrant ici ce que deviendront leurs chères autos. Qu’ils se rassurent quand même, le patron de Volkswagen, Mathias Muller, a assuré que si les pods comme Sedric représenteraient à terme l’essentiel du parc circulant, ce n’est pas (encore) pour tout de suite. "Nous avons des traditions, a-t-il affirmé. Nous n’abandonnerons jamais l’émotion et l’héritage de nos technologies. Le moteur à combustion sera encore utilisé pendant les 20 prochaines années au moins". Un double discours, histoire d’écouler jusqu’au dernier ces bons vieux blocs thermiques polluants…