Auto Et ce, même si l’usager roule 30 000 kilomètres par an, dit le VAB.

D’ici à la fin de l’année 2018, le moteur diesel aura perdu tout intérêt financier, même au-delà de 30 000 kilomètres parcourus par an. C’est la conclusion d’une enquête (un test "budget") menée par le club de mobilité flamand VAB.

Celui-ci a comparé les versions diesel et essence de dix-huit modèles de neuf marques de voitures, s’intéressant d’une part aux familiales classiques, d’autre part aux SUV, très à la mode depuis quelques mois, et aux monovolumes.

Le point de bascule a changé

Le principal enseignement de cette étude est que rouler au diesel devient de moins en moins intéressant et que le point de bascule, lorsqu’on calcule le coût de revient au kilomètre, avoisine désormais les 30 000 kilomètres par an, alors qu’il fut longtemps d’environ 15 000 kilomètres.

Selon le VAB, de nombreux paramètres plaident désormais pour l’achat d’une voiture équipée d’un bon moteur à essence. Même si d’aucuns avancent que la durée de vie d’une voiture diesel est généralement plus grande.

Certes, les familiales roulant à l’essence consomment environ 1,1 litre aux 100 kilomètres de plus que leurs homologues dotées d’un moteur diesel; du côté des SUV, l’écart est même de 1,3 litre aux 100.

Mais, précise le VAB, le test de consommation montre que l’écart par rapport à la consommation normative est plus important (+ 41 %) dans le cas des motorisations diesel que dans celui (+ 29 %) des motorisations essence.

Des accises de même niveau

De plus, la différence de prix entre les versions diesel et essence a augmenté de 4 % entre 2016 et 2017.

Le surcoût moyen des versions diesel atteint désormais 2 494 euros pour les voitures familiales et 2 880 euros pour les SUV et les monovolumes.

Mais il existe un autre élément déterminant : fin 2018, les accises sur le diesel et l’essence seront de même niveau, alors qu’actuellement, sur le diesel, elles sont inférieures de 7,5 centimes d’euros par litre par rapport à l’essence.

Cela devrait rendre encore moins élevé le nombre de voitures diesel moins coûteuses à l’usage, même si leur propriétaire devait rouler plus de 30 000 kilomètres par an. C’est simple : rouler au diesel ne sera plus intéressant que pour… 3 % des usagers.

Pour les 85 % des propriétaires de voitures privées qui parcourent moins de 20 000 kilomètres par an, il n’y a d’ores et déjà plus le moindre intérêt à posséder une voiture équipée d’un moteur diesel.

La situation est quelque peu différente du côté des voitures de société, dont 26 % des utilisateurs parcourent plus de 30 000 kilomètres par an.

Politique flamande plus dynamique

Pour autant, la Flandre, d’une part, la Wallonie et Bruxelles, d’autre part, ne tirent pas les mêmes conclusions de la situation et de son évolution. La Flandre, relève le VAB, a réformé sa taxe de mise en circulation et sa taxe de circulation annuelle, en tenant compte du caractère polluant du véhicule et de sa consommation.

La Wallonie et Bruxelles continuent à calculer leur taxe de mise en circulation sur la base des chevaux fiscaux, selon une échelle dégressive en fonction de l’âge du véhicule.

Résultat des courses : sur une période d’utilisation de cinq ans, la Flandre applique un surcoût fiscal nettement plus élevé que la Wallonie, qui "récompense" même les propriétaires de SUV roulant au diesel.

Tout cela explique pourquoi, en mai 2017, et selon une enquête Ipsos menée auprès de deux mille Belges, 36 % des Wallons roulaient à l’essence et 62 % au diesel, alors que la proportion était de 48 et 49 % en Flandre.

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