Auto Désormais ouvert au public, le Salon est d’importance pour les marques automobiles.

Ouvert ce week-end jusqu’au week-end prochain au Heysel, le Salon de l’auto de Bruxelles a de l’allure. Certes, c’est l’année où les voitures côtoient les utilitaires - camions et camionnettes - mais "ce n’est plus le Salon du pauvre, le petit salon comme on disait", estime Umberto Stefani (Mitsubishi/Beherman). Il sait de quoi il parle: "J’ai fait cent ou cent vingt salons dans ma vie, et je trouve qu’on n’est pas ridicule."

Preuve en est la présence de toutes les grandes marques, ce qui n’était plus le cas au Mondial de l’Automobile à Paris l’automne passé. Et l’arrivée de nouveaux acteurs comme Porsche : "C’est la première fois qu’on est au ‘petit’ Salon, explique Bernard Van Bellingen (D’Ieteren). On est ici pour donner un maximum d’infos au client, et l’on va loin dans la configuration des voitures." Sont aussi montrés des véhicules pas encore arrivés dans le réseau de distribution, comme la nouvelle Panamera 4 eHybrid, à quatre roues motrices. Ce n’est pas rien : sur le modèle, l’hybride représente 92 % des ventes en Belgique.

"C’est surtout pour montrer les dernières technologies dans les voitures, que l’on ne retrouve pas partout chez les concessionnaires", renchérit Erik Van den Heuvel (Daimler, Mercedes-Benz et Smart). Le groupe allemand est venu en force, occupant un demi-Palais du Heysel à lui tout seul. "C’est l’occasion d’offrir au client des packages temporaires, comme la garantie de 4 ans ou 200 000 km chez Mercedes. Ainsi, nous soutenons la vente des voitures et, si l’on fait bien notre travail, la période du Salon pourra représenter entre 20 et 30 % des ventes annuelles."

Là-dessus, tout le monde est d’accord à quelques nuances près. L’estimation est identique chez Volkswagen, BMW est entre les deux, à 25 %, tandis que chez Renault, l’on parle d’un tiers des commandes à particuliers sur l’année.

"On est là pour encourager l’enthou siasme du client particulier autour de la voiture durant cette période, et entretenir la relation avec le client flottes, dont les achats sont plus répartis sur l’année", dit Jean-Paul Renaux (Renault).

D’où les efforts faits par les marques. "Dans d’autres salons comme Genève, Detroit, Francfort, Tokyo, on montre le savoir-faire, observe Erik Van den Heuvel. Ici, c’est la promotion de la marque et de ses produits. Mercedes est un monde à part, une palette unique de véhicules qui va de la petite Smart au camion de 40 tonnes. Tout ça, on peut le montrer ici. Ce qui est unique au monde : il n’y a pas deux Salons comme celui de Bruxelles."

L’an dernier a été exceptionnel pour le marché automobile belge, proportionnellement l’un des plus - le plus ? - dynamique d’Europe : avec 539 519 immatriculations de véhicules neufs, 2016 a été la troisième meilleure année après l’année record 2011 et 2010. Toute la question est : 2017 sera-t-il un aussi bon cru ?

"L’on prévoit une année un ton en des sous de 2016, mais à plus de 500 000 voitures", dit Jean-Marc Ponteville (Volkswagen, D’Ieteren), une tendance sur laquelle tout le monde est à peu près d’accord. "On est réaliste. En 2016, nous avons profité de l’effet de marché, avec la période de renouvellement des contrats de leasing signés 4 ou 5 ans plus tôt. C’est un pic structurel mais, en dehors de ça, l’année a été bonne, et 2017 devrait être bonne aussi."

Effet retard

Pour le Dr. Peter Henrich, qui succède à Jean-Philippe Parain à la tête de BMW Belux (voir pages précédentes), "au Salon, on crée un appel sur certains modèles qui arrivent plus tard, comme les hybrides Série 5 ou Mini Countryman. Et, dans nos marques, les clients achètent une voiture sur mesures, avec livraison tardive." L’effet Salon sur les statistiques de ventes peut donc aller bien au-delà du mois de mars.

"Attention à l’interprétation des chiffres, renchérit Erik Van den Heuvel. On peut voir le résultat du Salon plusieurs mois après. A contrario, il y a des marques avec des stocks importants qu’elles vont écouler dans les trois premiers mois de l’année, à des conditions extraordinaires. Dans ce cas, il s’agit de déstockage massif, pas de véritable effet Salon."