Auto Pour la première fois depuis 1997, les immatriculations de voitures à essence dépassent le diesel. Conséquences.

De janvier à juillet 2017, en Belgique, les immatriculations de voitures à essence dépassent celles des diesel. Pas de beaucoup certes - un peu plus de 5 000 unités sur sept mois -, mais des motorisations à essence qui se vendent mieux que des diesel, ce n’était plus arrivé depuis vingt ans. En 1997, les deux types de carburant faisaient à peu près jeu égal, alors que le marché du véhicule particulier était depuis toujours dominé par l’essence.

Si la tendance se confirme malgré le renouvellement des flottes d’entreprises, toujours essentiellement motorisées diesel, l’année 2017 marquera donc un tournant. Cette progression en pourcentage s’accompagne d’une augmentation des véhicules à essence en valeur absolue, tandis que les hybrides essence-électricité et les voitures électriques connaissent une croissance importante en pourcentage, mais très relative en volume.

D’un point de vue général, il est évident que le diesel paie toutes les controverses auxquelles il est mêlé suite au dieselgate et à la tricherie avérée du groupe Volkswagen. En dupant la clientèle et les autorités sur les valeurs de pollution de ses véhicules, le groupe de Wolfsbourg, avec notamment sa filiale d’Ingolstadt, Audi, s’est tiré une balle dans le pied car, avec le moteur TDI, il était et reste un des leaders de cette technologie.

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Il semble aussi que cette controverse a, au moins, le mérite de faire réfléchir le consommateur, celui qui, in fine, paie et utilise les produits des constructeurs. Il apparaît ainsi que l’essence domine dans les petits véhicules à usage urbain, que ce soit dans les familiales, breaks, monovolumes et SUV. Le diesel en ville, sur trajets courts, est un non-sens absolu, qui est en train de se corriger naturellement. Par contre, ce dernier reprend très vite le dessus sur les véhicules de taille moyenne et grande, a priori destinés aux grands parcours.

Quant aux hybrides et électriques, sans surprise, ils percent dans les limousines, puisque c’est là qu’est l’offre principale actuellement avec Tesla, Mercedes-Benz, BMW, Lexus, ainsi que dans les petites et moyennes familiales, avec Renault, Toyota, Volkswagen.

Alors que l’essence cartonne chez les particuliers avec Opel, Renault, VW et PSA, le diesel est toujours le roi des voitures de société, en grande majorité d’origine allemande. On comprend donc que les constructeurs germaniques se soient attablés avec les autorités et les syndicats à Berlin, jeudi dernier. La proposition qui est en ressortie - une réduction de 25 à 30 % des émissions d’oxydes d’azote (NOx) - paraît bien légère par rapport à l’ampleur du séisme.

Dans les chiffres fournis par Febiac et le SPF Mobilité et Transport, sur les sept premiers mois de l’année, si le diesel lâche du terrain, c’est au profit de l’essence essentiellement et, dans une moindre mesure, des motorisations alternatives. Placés face à un grand nombre d’incertitudes, les constructeurs traditionnels doivent se développer dans plusieurs directions, parfois contradictoires, pour éviter de perdre le contact avec la concurrence.

Risques collatéraux

Si la part du diesel devait continuer à décroître, la valeur résiduelle de ces véhicules pourrait suivre le mouvement. Or, c’est sur la valeur résiduelle escomptée que se base le loyer des voitures calculé par les entreprises de leasing, mettant ces dernières en difficulté.

L’essor des voitures diesel a été soutenu par les progrès techniques et par les autorités politiques préoccupées par les émissions de CO2, gaz à effet de serre. Or, consommant moins, les diesel émettent moins de dioxyde de carbone, raison pour laquelle il y eut, jusqu’en 2011, en Belgique, une prime dite CO2. Pleine de bonnes intentions, celle-ci a malheureusement encouragé l’achat de petites voitures diesel. Par contre, le recul du diesel ne peut que s’accompagner d’une augmentation des émissions de CO2, comme l’Allemagne vient de le constater sur les six premiers mois de l’année. Pour la première fois depuis… 1997.