Auto De plus en plus spécialisés, les petits utilitaires évoluent à une vitesse inédite.

Il en va ainsi toutes les années paires : le Salon de Bruxelles accueille les véhicules utilitaires légers. C’est comme cela qu’au Palais 5, d’un côté de l’allée centrale, il y a les bolides rutilants de Maserati, et de l’autre, Mercedes-Benz avec ses camionnettes Citan, Vito et Sprinter. Ce retour à la réalité donne un caractère plutôt sympa à ce Salon où les professionnels se mêlent aux badauds en quête de la berline de leur rêve.

Le secteur pèse plus lourd qu’il n’y paraît. L’adage selon lequel quand le bâtiment va, tout va, peut être facilement transposé : quand l’utilitaire roule, l’économie turbine. En effet, la plupart de ces véhicules assurent des livraisons au client final, ce qui fait de ce marché un excellent baromètre économique.

Au vu des chiffres, pas de mouron à se faire : passant de 61 208 immatriculations en 2015 à 68 165 l’an dernier, l’utilitaire léger - moins de 3,5 tonnes - est en croissance de 11,37 % en Belgique. A titre d’exemple, les vans, comme on les appelle chez Mercedes-Benz, repésentent 8 500 véhicules l’an dernier. Pour Renault, cela représente de 12 à 13 % du volume total des ventes, un peu moins pour Opel, en pleine forme cependant, comme pour les voitures : en passant de 3 631 unités en 2015 à 4 354 en 2016, le constructeur au blitz augmente sa part de marché de 4,92 à 5,30 %. Chez Opel, sur 33 véhicules exposés, 16 sont des utilitaires.

L’importance du secteur est manifeste : Volkswagen et Fiat en ont fait une marque à part entière. Chez Mercedes-Benz, "on a décidé d’en faire une division à part entière, explique Erik Van den Heuvel. Désormais, les vans disposent d’une direction autonome, avec le but de travailler ce marché qui se développe très fort."

Trafic urbain et commerce Internet

En effet, le petit utilitaire est poussé par les livraisons dans les villes où les camions ne peuvent plus entrer, et par le commerce Internet, qui amène la livraison à domicile. L’on voit donc apparaître des véhicules spécifiques, comme l’Opel Movano dont le compartiment arrière est équipé d’étagères, auquel le chauffeur peut accéder, depuis sa cabine, par une porte coulissante. Les camionnettes de livraison marron d’UPS fonctionnent sur le même principe.

Ainsi, toutes les marques proposent des adaptations pour des métiers bien précis, soit en usine, soit en collaboration avec des carrossiers agréés s’il faut encore plus de spécificités. Certains d’entre eux sont présents cette année au Palais 2.

La croissance du marché s’accompagne d’une augmentation de l’offre, toutes les marques s’attachant à présenter la gamme la plus complète possible aux professionnels. Cela ne se fait pas sans alliances. PSA Peugeot Citroën collabore étroitement avec Toyota dans ce domaine. Mercedes Citan et Renault Kangoo partent de la même base, comme Opel Movano, Renault Master et Nissan NV400. Renault Trafic, Opel Vivaro et Nissan Primastar, même combat, comme Fiat Ducato, Citroën Jumper, Peugeot Boxer et, aux Etats-Unis, Ram Promaster (groupe FCA).

A contrario, certaines unions se défont. Jusqu’ici, le Crafter de Volkswagen était fabriqué en collaboration avec Mercedes. "Le nouveau Crafter est 100 % VW, pour une question de volumes, dit Jean-Marc Ponteville. Il est fabriqué dans une nouvelle usine en Pologne et disponible en 3 hauteurs, 3 longueurs, 3 transmissions : traction, propulsion, 4x4."

"Avant la camionnette servait à l’homme à tout faire, résume Erik Van den Heuvel. Maintenant, ça devient des usages très spécifiques pour lesquels on développe des services très spécifiques, comme Mercedes Pro, outil de gestion de flottes." En effet, gérer un parc pouvant aller jusqu’à un millier de véhicules devient très complexe, tout en étant un enjeu en termes de rentabilité. "Mercedes Pro permet de se faire une idée précise du contenu transporté et du trajet du véhicule."

La connectivité est, là comme ailleurs, un enjeu fondamental. "Le produit évolue à une vitesse jamais vue auparavant", conclut Erik Van den Heuvel. En deux ans, l’espace de deux Salons, le client va trouver des évolutions considérables. De quoi justifier la présence des utilitaires soi-disant légers chaque année ?Dominique Simonet