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Le passage de Volvo au tout-électrique et hybride pose la question du bilan environnemental de ces véhicules. Le calcul est complexe car de nombreux paramètres entrent en ligne de compte : l’utilisation de la voiture électrique ou hybride (urbaine ou extra-urbaine), le mix énergétique qui alimente les batteries (renouvelable, nucléaire, fossile…), ainsi que le mode de production de ces véhicules. Il faut également prendre en compte le type de voitures remplacées par ces modèles électriques et hybrides. En effet, changer un moteur thermique performant par un modèle hybride n’est pas forcément avantageux d’un point de vue environnemental.

Face à ces questions très complexes, il est possible de dégager quelques vérités. Par exemple, l’utilisation d’un véhicule électrique dans un pays où le mix énergétique est dominé par le fossile n’est pas intéressante. " Dans un pays où l’électricité est produite avec du charbon ou du gaz , il est préférable de rouler avec un véhicule essence ou diesel , explique Aubain Verlé, chercheur-doctorant à l’UCL. Dans certains pays nordiques, c’est intéressant de passer à l’électrique ou à l’hybride. En revanche, ce serait une catastrophe en Chine."

Et, quoi qu’il arrive, l’utilisation d’un véhicule électrique ou hybride se justifie surtout en zone urbaine. "Les batteries d’un système hybride ou électrique se rechargent via l’énergie cinétique récupérée lors du freinage , précise Aubain Verlé. Pour une utilisation sur autoroute, le moteur thermique est plus intéressant dans les pays où le mix énergétique contient une part significative d’énergies fossiles."

Les pneus et les particules fines

Il faut également savoir que la production d’un véhicule électrique ou hybride a un impact environnemental assez important. "Un moteur électrique contient du néodyme, une terre rare dont l’extraction est polluant e" , explique Aubain Verlé.

De son côté, Thierry Bréchet, professeur à l’UCL, rappelle que le remplacement de moteurs thermiques par des versions électriques ou hybrides n’apporte aucune solution à la problématique des embouteillages. Et la solution au problème des particules fines dans les villes ne serait que partielle : "20 % des particules fines proviennent des pneus , déclare-t-il. Il n’y a que pour les émissions de CO2 que les voitures électriques et hybrides sont intéressantes si le mix énergétique du pays n’est pas trop dominé par le fossile. Quoi qu’il en soit, d’autres solutions comme le covoiturage ou les transports en commun sont à privilégier. "