Auto

Alec, 64 ans, venu d’Anvers, sort son smartphone pour immortaliser l’instant. Dans son viseur, une Maserati Levante, blancheur immaculée scintillant sous les projecteurs Prix de ce SUV version sportive et italienne : 91 000 euros. Puissance : 430 chevaux. "C’est un bel objet, non ? lance-t-il émerveillé, planté devant le stand de la marque, au palais 5 du Salon de l’auto. Je ne dis pas que je vais l’acheter, hein ! Je ne fais que regarder. Moi, au Salon de l’auto, je viens pour le beau, pour le plaisir. Et puis, ici sous les projecteurs, toutes les voitures sont bien propres, pimpantes…" Alec aime les voitures. Et les embouteillages, la pollution entraînée par ses chères automobiles ? "Je m’en fiche ! Comme tout le monde, je me dis que ce que je vais faire ne va pas changer grand-chose au niveau global. Les Chinois, ils sont un milliard… Et c’est peut-être de ma faute, mais mes enfants et mes petits-enfants s’en foutent aussi. Ce n’est pas une question de génération !"

"Débat interne"

A quelques pas de là, et 43 ans plus jeune, Victoria Caudron pense elle aussi qu’une telle attitude est indépendante de la génération, même si elle se pose bien la question : un tel événement, comme le Salon de l’auto, et surtout acheter une voiture, cela a-t-il encore un sens en 2017, quand on connaît les embouteillages croissants et les journées d’alerte pollution ? "J’ai vraiment eu ce débat interne. Je me suis demandé : est-ce que je vais acheter une voiture ? Je voulais vraiment utiliser les transports en commun. Mais j’ai réalisé que pour mes stages, comme je devais faire des visites à domicile, ne compter que sur les transports en commun était impossible, même en ville, confie la jeune fille, en arrêt devant une Fiat 500 marine. Oui, je suis quand même venue regarder. Là, pour cette année, ce ne sera plus intéressant d’acheter. Mais une voiture, ça reste un petit rêve… Je me dis en même temps : ‘qu’est-ce qu’elle est jolie, mais elle va polluer dans des embouteillages !’ Je suis complètement partagée !"