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La Commission européenne a procédé lundi à de nouvelles inspections dans l'industrie automobile allemande, notamment chez les géants Daimler et Volkswagen, dans le cadre d'une enquête sur une affaire de cartel, selon des sources concordantes. Les fonctionnaires européens "ont effectué des inspections dans les locaux de constructeurs automobiles en Allemagne", a annoncé la Commission dans un communiqué, sans précisions sur le nom des entreprises concernées.

La Commission, gardienne de la concurrence dans l'UE, souligne que ces inspections ont eu lieu lundi et que des inspecteurs de l'Office allemand des cartels étaient présents.

Interrogés par l'AFP, Daimler et Volkswagen ont tous deux reconnu être visés par ces inspections de fonctionnaires européens. "Des inspections qui avaient été annoncées sont en cours (...) nous coopérons entièrement avec les autorités", a expliqué Daimler, fabricant des voitures Mercedes-Benz, ajoutant cependant "ne pas savoir pour le moment si la Commission européenne ouvrira une procédure officielle antitrust".

Le groupe Volkswagen a également dit que des inspecteurs de la Commission avaient "examiné des documents" à son siège à Wolfsburg (centre) ainsi qu'à celui de sa filiale Audi à Ingolstadt (sud-est).

"Le groupe Volkswagen et les sociétés du groupe concernées coopèrent depuis longtemps avec la Commission européenne", a assuré le géant allemand. La Commission européenne avait déjà réalisé vendredi des inspections chez BMW dans le cadre de cette même enquête, qui implique au total cinq groupes automobiles allemands.

Ces soupçons d'entente avaient été révélés cet été par les médias allemands et avaient un peu plus porté atteinte à l'image des constructeurs automobiles allemands, déjà entachée par les tricheries sur les émissions polluantes des véhicules diesel.

En juillet dernier, l'influent hebdomadaire Der Spiegel avait lancé l'affaire : selon lui, BMW, Daimler, Volkswagen, Audi et Porsche ont eu pendant plus de 20 ans des réunions secrètes pour s'accorder sur nombre d'aspects techniques de leurs voitures, notamment sur le système de filtration des émissions polluantes, lésant ainsi possiblement consommateurs et sous-traitants.

"Les inspections sont des étapes préliminaires dans le cadre d'enquêtes sur des activités" soupçonnées d'être "anticoncurrentielles", a souligné lundi la Commission dans son communiqué.

Les cartels sont interdits dans l'UE puisqu'ils nuisent à la concurrence et aux consommateurs. Les entreprises qui s'entendent entre elles peuvent se voir infliger de lourdes sanctions.

Dans le cas du secteur automobile allemand, la Commission européenne a confirmé que le groupe Daimler coopérait avec elle et qu'il bénéficiait de son programme de clémence, après lui avoir fourni un certain nombre d'informations.