Auto Pour réaliser ses objectifs, elle doit investir ce nouveau segment.

L’idée que Ferrari se lance à bride abattue dans le segment des SUV (sport utility vehicle, ou 4x4) est réapparue mardi, relayée par l’agence Bloomberg citant une "personne habituée au sujet"… Manipulation ? Marketing masqué ? Toujours est-il que l’informateur confirme le lancement d’un véhicule de ce type, 4 portes, 4 places, à l’horizon 2021.

Avec son proche parent "crossover" (ou multisegment), le 4x4 est le segment qui connaît la plus forte croissance depuis des années.

Après le jeep Wagoneer des années soixante et le Range Rover en 1970, BMW (X5) et Mercedes-Benz (M Klasse) ont lancé la mode, d’abord très exclusive, du 4x4 en col blanc. Urbanisé, le SUV a longtemps été décrié parce que son arrogance n’avait d’égal que son très haut niveau d’émissions polluantes.

Mais son côté pratique l’a emporté, en même temps que les technologies réduisaient les nuisances. Toutes les marques de luxe et généralistes s’y sont mises, qui ont maintenant des gammes complètes.

En 2002, Porsche, célèbre pour sa 911 victorieuse sur tous les circuits et routes du monde, a brisé un tabou en présentant le Cayenne, au départ guère synonyme de modestie et de respect de l’environnement. Tout le monde a suivi : Bentley Bentayga, Jaguar F-Pace, Maserati Levante, Alfa Romeo Stelvio, et bientôt Lamborghini Urus, Rolls-Royce Cullinan.

Alors pourquoi pas Ferrari ? Tout y conduit, à commencer par les objectifs commerciaux de Sergio Marchionne, qui veut augmenter les volumes, reléguant la notion d’exclusivité à des séries spéciales hors de prix.

Objectifs commerciaux

Après 8 014 Ferrari vendues en 2016, il vise 8 400 unités cette année, 9 000 en 2019 et jusqu’à 15 000 en 2021. Le but, c’est de faire passer le chiffre d’affaires d’un milliard d’euros à deux milliards en 2022. Marchionne table dès le début, en 2021, sur 2 000 SUV au petit cheval cabré.

Le destrier ne va-t-il pas refuser l’obstacle ? Selon la source de Bloomberg, le véhicule serait bâti sur la plateforme de l’actuelle GTC4Lusso. Son ancêtre, la FF, avait déjà été imaginé en SUV. Mais au lieu de l’aristocratique moteur V12 de la GTC4, le SUV embarquerait un plus modeste V8 secondé par une motorisation électrique. La solution hybride pour faire bonne figure face aux exigences environnementales, notamment du premier marché visé : la Chine.

Début 2016, Marchionne, pas Italien pour rien, avait dit que si Ferrari voulait faire un SUV, il faudrait qu’on le tue, lui, avant. Il en est pour trouver l’acronyme dévalorisant, comme BMW qui préfère parler de SAV, sport activity vehicle, ou Rolls et son futur "high sided vehicle", relevé. On dirait que ça les gêne de rouler dans la boue… Quelle que soit sa dénomination, le nouveau segment est incontournable pour Ferrari. Avant McLaren et Bugatti ?