Auto Un conseil d’administration de la firme au losange a acté le début de l’ère après Ghosn.

La journée a, une nouvelle fois, été chahutée mardi pour le titre Renault à la Bourse de Paris : après avoir déjà perdu plus de 8 % lundi, l’action du constructeur français a encore cédé 3 % en matinée mardi avant finalement de limiter la casse. Un mouvement de défiance des investisseurs qui trouve évidemment son origine dans ce que l’on appelle depuis lundi à Paris "l’affaire Ghosn" après l’arrestation au Japon du grand patron de Renault, soupçonné de malversations par la justice nipponne.

France et Japon soutiennent l’Alliance

Ce jeudi, le conseil d’administration du constructeur japonais Nissan devrait acter le départ de la présidence de Carlos Ghosn. Pour rappel, Carlos Ghosn est considéré comme le grand architecte de l’alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi Motors. Et pour certains observateurs, cette alliance, aujourd’hui la plus importante au monde dans l’industrie automobile, pourrait ne pas survivre à ce scandale. Quelques analystes vont même encore un pas plus loin, laissant entendre qu’il pourrait s’agir d’un "coup monté" de l’état-major de Nissan qui verrait dans cette crise l’opportunité de retrouver une autonomie vis-à-vis de Renault et de tuer dans l’œuf tout projet de fusion futur entre les deux constructeurs. Toujours est-il que les gouvernements français et japonais ont réaffirmé dans un communiqué commun leur "important soutien" à l’alliance entre Renault et Nissan. Pour certains experts, un divorce serait, il est vrai, impayable tant les imbrications entre les constructeurs sont aujourd’hui nombreuses.

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En attendant, à Paris aussi, on s’agitait beaucoup sur ce dossier Renault. Ce mardi matin, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire demandait une "gouvernance intérimaire" pour la firme au losange, jugeant que son P.-D.G. n’était plus "en état de diriger le groupe". "Nous n’allons pas demander le départ formel de Carlos Ghosn au conseil d’administration pour une raison simple : nous n’avons pas de preuve" accusant M. Ghosn, a encore souligné le ministre. L’administration française n’a, en effet, identifié aucune fraude fiscale en France.

Le conseil d'administration de Renault s'est retrouvé mardi soir pour mettre en place une gouvernance intérimaire et a confié "à titre provisoire" la direction exécutive du groupe à Thierry Bolloré, qui disposera des "mêmes pouvoirs" que Carlos Ghosn.

"M. Ghosn, temporairement empêché, demeure Président-Directeur général", a souligné dans un communiqué le constructeur automobile français à l'issue d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration.

Le conseil a aussi indiqué qu'il se réunira(it) régulièrement, sous la présidence de l'administrateur référent" Philippe Lagayette, "pour préserver les intérêts de Renault et assurer la pérennité de l'Alliance" avec les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi.