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Championne toutes catégories des véhicules électriques, la Norvège se rapproche du cap symbolique de 50 % d’immatriculations mensuelles : les 6 524 véhicules hybrides et 100 % électriques en septembre représentent 48 % du total des ventes. En Belgique, alors que l’hybride progresse de manière importante, l’on n’en est encore qu’à un peu moins de 6 %.

La Norvège est le paradis du véhicule électrifié : l’an dernier, ce marché a représenté plus de 45 000 immatriculations, soit une part d’environ 30 % du total, dans ce pays de 5,3 millions d’habitants.

Il faut dire que l’acquéreur d’un véhicule électrique ou hybride y est particulièrement choyé. A l’achat d’abord, puisqu’un véhicule électrifié peut coûter jusqu’à 25 % moins cher que son équivalent thermique, essence ou diesel. C’est notamment dû au fait que les voitures rechargeables sont exonérées de taxes d’importation et de taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Par la suite, à l’utilisation, le propriétaire est toujours aux petits oignons : pas de péage routier, pas de droit de passage des grands ponts – qui peuvent s’élever jusqu’à 30 euros pour un véhicule thermique –, gratuité du stationnement et de la recharge publique, accès à la bande de roulement des bus et taxis, transport par ferry gratuit. Sans compter un prix de l’électricité très bas. À l’achat comme à l’usage, tout est fait pour favoriser la voiture rechargeable en Norvège.

Alors que le bilan environnemental d’un tel véhicule est encore sujet à caution, la voiture électrique ou semi-électrique fait sens dans ce pays dont l’énergie est sans cesse renouvelable, car totalement produite par centrale hydroélectrique. Une situation unique qui fait de la Norvège une exception à la règle.

Paradoxe pétrolier

Cette situation, qui peut paraître exemplaire, ne manque pas de paradoxe puisque ce Royaume, situé à l’ouest de la péninsule scandinave, est aussi le premier producteur européen d’hydrocarbures, avec plus de 1,5 million de barils de pétrole par jour. L’on pourrait donc considérer que la Norvège exporte son CO2 et sa pollution.

Mais les revenus considérables de la manne pétrolière sont utilisés à bon escient, dans un fonds souverain qui, à la mi-septembre, a dépassé les 1 000 milliards de dollars. Cela représente un peu moins de 200 000 dollars par citoyen norvégien, qui pourra ainsi continuer à bénéficier de l’État-providence une fois la source pétrolière tarie.

Par ailleurs, des actions sont entreprises pour contrebalancer l’usage des hydrocarbures. Début octobre, Total, Shell et Statoil se sont associés pour développer le premier projet commercial de stockage de CO2. Pionnière en la matière, la Norvège aura la capacité de capter et stocker dans des puits sous-marins situés dans ses eaux, pas moins de 1,5 million de tonnes de dioxyde de carbone par an.

Taxe Tesla

Cela étant, les choses pourraient bien changer quelque peu, notamment pour les véhicules électrifiés de luxe. Jeudi, dans le cadre du projet de loi de Finance 2018, la ministre Siv Jensen a proposé de supprimer certains avantages fiscaux pour les voitures électriques de plus de deux tonnes.

En ligne de mire, notamment, les Tesla Model S et X. La ministre norvégienne des Finance estime que ces lourds véhicules usent autant le bitume que leurs homologues thermiques. Cela tient la route, sauf que toutes les automobiles détériorent la voirie, y compris les plus petites hybrides ou électriques.