Auto La première petite voiture fabriquée en Egypte coûte 1 600 euros. Grâce à elle, son concepteur espère relancer l’économie. Reportage Ariane Lavrilleux Correspondante au Caire

A quelques encâblures des pyramides de Gizeh, une petite voiture de golf bleu pétrole se fraye un passage dans les allées sableuses et cabossées de cette banlieue pauvre du Caire. Au volant, Ahmed Saïd el Feki, un trentenaire aux cheveux vaguement gominés, refuse le titre d’"inventeur", mais pas les interviews qui s’enchaînent depuis quelques semaines.

Sans vitres et toit en plastique

Avec son auto quatre places, sans vitres sur les côtés et au toit en plastique, l’entrepreneur du village de Kerdasa n’envisage pas moins que de concurrencer les centaines de milliers de tuk-tuk chinois, stars des faubourgs encombrés de la capitale. En utilisant des matériaux "à 80 % égyptiens", ce diplômé en droit a réussi à produire une voiturette plus stable et plus confortable que ces fameux tuk-tuk noir et jaune. Surtout, elle coûte presque 400 euros de moins à l’achat. Une aubaine pour l’Egypte qui dépense, chaque année, des millions de dollars pour importer ces tricycles brinquebalants à bas coût.

Depuis la dévaluation brutale de la monnaie locale imposée par le FMI, les importations de marchandises sont devenues deux fois plus onéreuses. Un fardeau pour cette économie déjà exsangue, dont l’inflation atteint 30 % et le déficit commercial dépasse les 2 milliards de dollars.

Dix mois après la cure d’austérité prescrite par le FMI, en échange d’un prêt de 12 milliards de dollars, les signes de reprise se font attendre.