Batibouw 2018 Georgios Maillis, qui exerce cette fonction depuis 2013, a reçu le prix "Pioneer" au salon Batibouw.

LES BELGIAN BUILDING AWARDS ont été remis lors du coup d’envoi des journées professionnelles à Batibouw. Parmi la brochette de prix, le trophée "Pioneer" donné au bouwmeester de Charleroi Georgios Maillis pour son apport pluridisciplinaire à l’urbanisme de la ville. Rencontre avec le maître architecte, fondateur du cabinet carolorégien Réservoir A, qui fait bouger les lignes dans le Hainaut.

Dans quel état d’esprit avez-vous reçu le prix "Pioneer" ?

Je vois ce prix comme la récompense d’une équipe. Sébastien Lacomblez, designer graphique, Pauline Cabrit, paysagiste, Patrick Everaerts, designer, et Manuel Leon Fanjul, architecte, font partie des collaborateurs dont j’ai eu la chance de m’entourer. Ils font un travail remarquable. Je pense que ce qui a plu au jury c’est notre approche pluridisciplinaire et décloisonnée. Nos projets mêlent urbanisme, design, art, graphisme… On ne peut pas transformer une ville uniquement avec de l’architecture. Je suis également le premier bouwmeester de Wallonie, une fonction bien implantée en Flandres et à Bruxelles.

Comment décrire le métier de bouwmeester ?

Il s’agit, en quelque sorte, d’un rôle de consultant qui aide les pouvoirs publics à traduire des idées politiques en projets concrets. Un bouwmeester et son équipe garantissent une cohérence et une harmonie dans l’urbanisme. La volonté de Charleroi et de son bourgmestre Paul Magnette de se doter d’une telle cellule est un signal fort pour son futur. C’est une ville en pleine mutation et qui travaille sur elle-même. C’est une ville qui avance. Une de nos spécificités est d’avoir impliqué des acteurs privés dès le départ. Ce sont aussi eux qui font la ville.

Vous avez endossé cette responsabilité en 2013. Quels sont les projets dont vous êtes le plus fier ?

Nous travaillons sur 150 dossiers matériels et immatériels. Il est difficile d’en isoler quelques-uns ! La nouvelle charte graphique de la ville, qui a eu une belle reconnaissance internationale, est sans doute un des plus visibles. On retrouve aujourd’hui le logo composé d’un C surmonté d’une couronne créé par le studio Pam&Jenny un peu partout : magazines, affiches, flyers… Il contribue à donner une image positive de la ville. Ensuite, le portefeuille de projets "Charleroi District créatif" qui a bénéficié de 124 millions d’euros de fonds Feder, mérite d’être souligné. Je pense aussi au Left Side Business Park et au travail fait dans le quartier de la gare, comme à beaucoup d’autres menés ces 4 dernières années.

Votre mission devrait s’arrêter dans quatre mois, quelles seront vos priorités d’ici là ?

Certains projets ont un horizon de 20 ans. Le travail sur la ville est loin d’être terminé ! Nous avons lancé une trentaine d’études d’architecture. J’aimerais qu’elles aboutissent dans les prochains mois et que les projets puissent avancer dans une deuxième phase.

Votre succession est-elle déjà prévue ?

Ma mission de bouwmeester va se terminer cet été. Un nouvel appel d’offres sera lancé. Rien ne m’empêche d’y participer, même si je n’ai pas encore pris cette décision. C’est une fonction qui est amenée à être durable. Il ne s’agit pas d’un coup dans l’eau.