Batibouw 2018 Il faut dire qu’elle est plutôt maigre, les taux étant toujours fort bas.

À regarder le marché immobilier belge de loin, on ne peut pas dire que les indices sont au beau fixe : le crédit hypothécaire est attendu à la hausse; les loyers se traînent; les plus-values sont faibles; et l’alternative, à savoir le marché mobilier, reprend vigueur, incitant les investisseurs à un regain d’achats. Les pessimistes diront d’emblée que le vent a tourné et que les investisseurs et les plus de 55 ans, qui ont soutenu le marché ces dernières années, vont sans doute aller chercher leur bonheur ailleurs.

Un placement en béton

Les optimistes diront, eux, que les taux restent bas - si hausse il y a, elle sera faible -, que les loyers sont indexés - une inflation de 2 % l’an, cela fait 20 % en 10 ans alors que les charges de l’emprunt peuvent être fixes -, que les plus-values sur la brique ne sont pas nulles - et certainement pas négatives, en Belgique du moins.

Assurément, les banques comme les courtiers en crédit font partie des optimistes. Comme la majorité des Belges. Et pas seulement parce que la tortue du salon Batibouw (22 février au 4 mars) se prépare à la course.

L’an dernier, ce sont plus de 312 milliards d’euros qui ont été empruntés en Belgique en vue d’acquérir un bien sûr le marché résidentiel. C’est 55 % de plus en 10 ans ! 2017 n’a d’ailleurs pas failli à la tendance, portée par des taux toujours hyper bas. Selon les calculs de la Banque nationale de Belgique, le taux moyen octroyé pour des crédits fixes d’une durée supérieure à 10 ans était, en novembre 2017, de 2,07 %. C’est un peu plus qu’un an auparavant (1,99 % en novembre 2016), mais moins que 18 mois plus tôt (2,27 % en mars 2016). Le taux variable révisable annuellement a, lui, nettement baissé, passant de 2,48 % à 1,89 % entre novembre 2016 et novembre 2017. De quoi stimuler les candidats-emprunteurs à revenir doucement vers des formules variables. Parmi les clients de BNP Paribas Fortis, 85 % ont opté pour du fixe (-8 %), contre 15 % pour du variable (+8 %). "Un choix principalement effectué par les 55 ans et plus, indique Sébastien Degand, responsable des crédits chez BNPPF, qui sont tentés par une seconde résidence pour le plaisir ou le revenu." "C’est un placement qui a l’avantage d’être apréhendable par quasiment tout le monde, indique Pascal Lasserre, administrateur délégué Crédit chez Excel&Co. Il est plus facile de comprendre et d’estimer un tas de briques qu’un tas d’actions. Même si cette compréhension serait grandement améliorée avec des données comme l’évaluation régulière des stocks, des loyers, etc."

Très peu de crédits dénoncés

Cet optimisme, les banquiers et courtiers l’adoptent aussi grâce à un autre chiffre : la diminution du nombre de crédits habitation dénoncés. L’an dernier, c’était le cas pour moins d’1 % du portefeuille de BNPPF et de 1 % d’arriérés entre 1 et 3 mois. "Au plus bas depuis 10 ans", commente Sébastien Degand.