Batibouw 2018 Pour la 1re fois, les organisateurs du salon ont proposé aux exposants et aux visiteurs un "Jobday".

Vendeur, représentant, conducteur de chantier, technicien après-vente, ingénieur projet, comptable, délégué commercial…. Plus de 60 exposants ont déposé - ou déposeront - une ou plusieurs offres d’emploi à l’occasion de Batibouw. L’action a lieu jusqu’à la fin du salon.

Grâce à des tablettes et des écrans disponibles sur le "Jobwall", les visiteurs intéressés peuvent consulter les offres qui leur conviennent. Et durant une journée - le "Jobday" le mardi 27 février - ils ont même eu la possibilité de rentrer en contact avec des responsables des ressources humaines (RH) des exposants à la recherche de candidats. "Nous avons pensé à un moment les réunir en un seul endroit. Mais le contact sur le stand entre le recruteur et le candidat s’avère une meilleure solution pour mieux comprendre l’environnement de travail", note Bart Van Den Kieboom, directeur de Fisa, organisateur du salon. "Ce spécialiste RH reste au salon durant un jour. Plus longtemps, c’est souvent difficile."

Malheureusement, tous les exposants, parmi ceux qui pourtant avaient placé une annonce, n’ont pas joué le jeu, le contact avec le service RH se résumant à une carte de visite avec les coordonnées de la personne à appeler…

Ces Jobday et Jobwall sont une première à Batibouw. "Cette action répond à une demande de nos exposants. Le secteur de la construction est confronté à un problème de pénurie de travailleurs. Dans le top 10 des métiers en pénurie, 3 concernent le bâtiment. En Flandre, sur les 150 000 offres d’emploi du VDAB, 35 000 touchent ce secteur", note Bart Van Den Kieboom.

Profils rares

Un sondage parmi certains des exposants à la recherche de candidats confirme cette difficulté à dénicher plusieurs profils. "Nous sommes en permanence à la recherche de bons candidats, notamment des technico-commerciaux. Ces profils sont rares car ils exigent de combiner à la fois des qualités de commercial et des connaissances techniques. Et c’est encore plus complexe pour Bruxelles, où nous recherchons des personnes bilingues", explique Ann Bourlard, HR business partner chez Facq (sanitaires), qui se réjouit de l’opportunité du Jobday. "Outre les particuliers à la recherche d’informations pour leur projet, de nombreux professionnels parcourent aussi les allées du salon. Un job peut toujours les intéresser. J’ai d’ailleurs rencontré un monteur en chauffage qui, suite à des problèmes médicaux, ne peut plus exercer son métier. Il pourrait se tourner vers le commercial."

"C’est important d’être ici aujourd’hui", estime Stien Decadt, responsable du recrutement pour Van Marcke (sanitaires), à la recherche aussi de commerciaux et de deviseurs en chauffage. "J’ai déjà rencontré quelques personnes. Pas beaucoup, mais des profils intéressants."

Assurer les formations

Ce sont des techniciens après-vente que Vaillant recherche, pour ses marques Vaillant et Bulex (chaudières, chauffe-eau, pompes à chaleur…). "Nous avons près de 350 techniciens qui se déplacent chez les particuliers pour assurer l’entretien et les réparations quand leur installateur ne le fait pas. Chaque année, nous en engageons une dizaine. Mais, dans certaines régions, il est très difficile d’en trouver notamment parce qu’il n’y a pas suffisamment d’écoles pour assurer les formations. C’est le cas par exemple en Brabant wallon ou dans la région de Gand. De plus, la difficulté réside aussi dans le fait que l’attestation délivrée par ces écoles est régionale. Ce qui signifie qu’un technicien formé à Bruxelles ne peut aller travailler en Flandre ou en Wallonie", note Valérie Jordens, HR business partner chez Vaillant. "Nous organisons aussi des formations spécifiques pour nos produits. Chaque technicien qui arrive chez nous commence par six semaines de formation. Mais notre gamme s’étend également aux pompes à chaleur et panneaux solaires. Ce qui fait qu’un technicien devrait connaître tant les anciennes chaudières que ces nouvelles technologies. Or certains n’ont pas le niveau de connaissance suffisant pour les pompes à chaleur. Nous allons dès lors commencer à "spécialiser" nos techniciens." Solange Berger