Conjoncture Entre les intentions et le passage à l’action, il y a de la marge, selon le Baromètre CBC Banque Privée

Paradoxal ?

Deux Belges sur trois se disent disposés à céder une partie de leur patrimoine de leur vivant, une transmission qui pourrait même atteindre 40 % des biens globaux (financiers et immobiliers), selon les résultats de l’Observatoire "Les Belges et la gestion de leur patrimoine" de CBC Banque Privée.

Et pourtant, peu sont déjà passés à l’acte. Ils sont à peine 19 % à avoir déjà planifié leur succession via leur banque ou encore leur notaire. "Cette volonté de transmettre une partie de son patrimoine de son vivant est viscéralement dans l’esprit des gens. Mais il n’y a pas de mise ne pratique", souligne Xavier Falla, Directeur Général du marché des Particuliers de CBC. "Il faut aider les Belges à mettre le pied à l’étrier."

Dichotomie

Bien entendu, le terme planifier peut en effrayer plus d’un. "C’est un peu se confronter au vieillissement et à la mort", reconnaît Xavier Falla. "Beaucoup préfèrent mettre la tête dans un sac. Il y a une dichotomie entre les intentions et les actions."

Il y a peut-être la crainte de perdre le contrôle de son patrimoine, ou d’en avoir besoin. "Planifier n’est pas forcément transmettre", remarque à cet égard François Descheemaeker, Directeur du Département patrimonial de CBC.

"Après 50 ans, personne ne peut faire l’économie d’une telle réflexion", poursuit Patrick Dallemagne, Directeur de la Banque Privée de CBC. Le message est systématiquement transmis aux clients. Certains y sont sensibles. D’autres moins.

Quoi qu’il en soit, le gain fiscal n’est pas la première préoccupation des clients qui passent à l’action. Aider un membre de la famille à acquérir un bien immobilier est l’un des cas les plus fréquents.

Sans véritable surprise, la planification répond à deux mécaniques : les enfants et l’âge. Les personnes ayant des enfants ont ainsi plus tendances à planifier leur succession. De mêmes, plus les personnes prennent de l’âge, plus elles passent à l’action. Et plus le patrimoine est élevé, plus l’intérêt de régler sa succession l’est également.

Quant à la proportion du patrimoine qui peut être cédée, elle varie en fonction de l’importance dudit patrimoine.

La transmission du patrimoine est en fait l’un des trois axes d’une bonne gestion patrimoniale. Gérer son patrimoine de façon classique et sûre apparaît comme le principal défi pour 45 % des Belges, suivi de près par le financement du 4ème âge (32 %).

"Avec l’augmentation de l’espérance de vie, on vit plus longtemps, mais aussi avec un train de vie plus élevé", note à ce sujet Patrick Dallemagne. "Les gens veulent pouvoir continuer à voyager, à aller au restaurant, bref à pouvoir profiter de la vie plus longtemps. Ils veulent se garantir les moyens de vivre comme ils le souhaitent."