Conjoncture

Comment rayer une bonne partie de la dette de la Belgique, assurer la transition énergétique, booster le pouvoir d’achat des citoyens, tout en finançant un important plan d’investissement pour relancer la croissance ? L’économiste français Philippe Richard a sa solution. Elle est radicale : il s’agit d’instaurer un impôt à 100 % sur les plus grosses fortunes de notre pays, soit les personnes disposant d’un patrimoine (mobilier, immobilier, part d’entreprise) supérieur à deux millions d’euros ou quatre millions par ménage. "Ces super-riches correspondent à 1 % de la population en Belgique ou en France", explique l’auteur qui a fait ses calculs. Cet impôt permettrait à la Belgique de récupérer 350 milliards d’euros d’actifs (et 30 milliards d’euros de revenus de ces actifs par an) et près de 1 750 milliards à l’Etat français.

"La Belgique n’a jamais été aussi riche"

Cette taxe est-elle utopique ? "C’est une rupture très forte, j’en suis conscient", répond l’expert en socioéconomie auprès du cabinet comptable français Syndex. Je vous rappelle toutefois que les Etats-Unis ont établi un impôt marginal de 80 % après la crise des années 1930." Mais l’économiste français va plus loin : il veut tout simplement "abolir le droit à la fortune". "C’est devenu un ordre établi : là où beaucoup de droits sont plafonnés, un citoyen a le droit de posséder sans limite. Si cette concentration du patrimoine a eu ses vertus dans une économie fermée en montrant une vraie efficacité pour investir dans le secteur industriel, aujourd’hui cela pose préjudice à la société."

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