Conjoncture Les négociations furent longues (un an, du jamais vu) et difficiles mais les planteurs de betteraves, représentés par l'association Comité de coordination des betteraviers de Hesbaye et la Raffinerie Tirlemontoise (RT) qui leur achète leur production ont conclu jeudi un accord sur les prix qui seront payés aux producteurs. Puisque l'Europe va lever les quotas sucriers le 1er octobre, garantie d'une stabilité des prix depuis 1968, il fallait les renégocier.

"Grâce à l’intervention de deux conciliateurs désignés par les ministres régionaux de l'Agriculture Collin et Schauvliege, sans oublier le soutien du ministre fédéral de l'Agriculture Willy Borsus tout au long du processus de négociation, les parties ont réussi à trouver un accord qui apporte clarté et sécurité aux planteurs de betteraves, à la Raffinerie Tirlemontoise et également à l’ensemble des parties prenantes de la filière. Cet accord permet à la Raffinerie Tirlemontoise et aux planteurs d’entamer la campagne 2017 dans de bonnes conditions. Il renforce la filière : planteurs et fabricant pourront, ensemble, construire un avenir durable et relever le défi de l’ère post-quota", écrivent les deux parties dans un communiqué.

René Collin "se réjouit de ce dénouement tout à fait indispensable à la poursuite de la culture betteravière en Wallonie. Notre région est particulièrement propice à cette culture par la qualité de ses sols et le savoir-faire de ses producteurs qui obtiennent la meilleure production de sucre à l’hectare d’Europe. Les intérêts économiques, tant des planteurs que de l’industrie sucrière, sont essentiels pour l’économie agricole wallonne. Ils ne pouvaient pas être mis en jeu". Le ministre rappelle aussi son opposition à la levée des quotas de sucre qui "provoque de grandes inquiétudes chez nos planteurs, déjà confrontés à un climat de morosité générale".

Lors des négociations, les planteurs avaient demandé quatre garanties au groupe allemand Südzucker, propriétaire de la RT, dont des prix identiques à ceux qu'auront les planteurs allemands mais elle n'a pas obtenu gain de cause sur ce point précis. "Les Allemands auront de meilleurs prix que les Belges lorsque les prix du sucre seront élevés", annonce Valérie Vercammen, secrétaire générale de la Confédération des betteraviers belges. "Le prix payé aux planteurs dépendra de celui du sucre. Si le prix du sucre descend en-dessous des 450 euros la tonne, le prix ne sera pas rémunérateur pour le producteur. La RT a la possibilité d’accorder un complément de prix en fin de campagne. Nous voulions le fixer sous forme de formule mais la RT a refusé. Le montant sera laissé à son appréciation", ajoute-t-elle.

Avec la levée des quotas, une hausse de la production de sucre d'environ 20% est attendue en Europe. Mais la consommation est stable, voire en baisse, ce qui devrait induire une chute des prix (déjà observée et de l'ordre de 10 à 20%). Les planteurs de betteraves ne sont donc pas rassurés.