Conjoncture

L'indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a reculé de 0,54% à 3.764,22 points.

La plupart des Bourses européennes ont cédé du terrain après la décision américaine de taxer les importations européennes, canadiennes et mexicaines d'acier et d'aluminium, une annonce qui a effacé les effets positifs d'une reprise des discussions en Italie pour former un gouvernement Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont relancé jeudi leur tentative de former un gouvernement, rassurant quelque peu les marchés qui craignaient que le blocage politique ne débouche sur la tenue d'un nouveau scrutin susceptible de renforcer les partis eurosceptiques.

Mais l'annonce de l'application dès vendredi des mesures protectionnistes américaines a remis les tensions commerciales au premier plan. L'UE doit annoncer des "contre-mesures" dans les prochains heures.

Wall Street restait toutefois sur ses gardes à la mi-séance, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdant 0,82% à 24.465,46 points et l'indice élargi S&P 500 0,34% à 2.714,73 points. Le Nasdaq parvenait à grapiller 0,14% à 7.473,11 points.

"Si le marché pensait vraiment que les Etats-Unis entrent dans une guerre commerciale frontale avec non seulement l'Union européenne, mais aussi le Canada et le Mexique, ses deux principaux partenaires commerciaux, les indices chuteraient beaucoup plus", a estimé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

"Les investisseurs ont pris l'habitude de volte-face de la part de l'administration Trump et considèrent sans doute les dernières décisions comme une nouvelle tactique dans un processus de négociations encore en cours", a-t-il relevé.

L'Eurostoxx 50 a perdu 1%.

L'indice Dax de la Bourse de Francfort a lâché 1,40% à 12.604,89 points.

L'indice CAC 40 de la Bourse de Paris a cédé 0,53% à 5.398,40 points.

L'indice FTSE-100 de la Bourse de Londres a terminé proche de l'équilibre (+0,02% à 7.691,38 points).

A Milan, l'indice FTSE mib a cédé 0,06% à 21.784 points, tandis que le spread était descendu dans l'après-midi à 238 points.

La Bourse de Madrid a cédé 1,05% à 9.465,50 points, sur fond d'incertitude politique en plein débat sur une motion de censure visant à renverser le gouvernement de Mariano Rajoy.

L'indice AEX de la Bourse d'Amsterdam a reculé de 0,85% à 552,85 points.

L'indice PSI 20 de la Bourse de Lisbonne a gagné 0,46% à 5.468,67 points.

L'indice SMI de la Bourse suisse a chuté de 1,42% à 8.456,95 points.

La Bourse de New York a terminé dans le rouge jeudi après l'annonce d'importantes taxes américaines sur l'acier et l'aluminium importés d'Europe, du Canada et du Mexique, une décision aussitôt suivie de mesures de rétorsion ravivant le spectre d'une guerre commerciale.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 1,02% à 24.415,84 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,27% à 7.442,12 points.

L'indice élargi S&P 500 a abandonné 0,69% à 2.705,27 points.

Washington a imposé jeudi de forts tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium en provenance de l'Union européenne, mais aussi du Canada et du Mexique, les deux principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Tous les pays frappés ont promis de riposter, Ottawa annonçant par exemple des taxes sur 16,6 milliards de dollars canadiens (12,8 mds USD) de produits américains.

"Tout ce qui porte atteinte au libre-échange a tendance à faire monter les prix et à faire baisser la productivité. Dans une économie dont la croissance n'est pas encore à 3%, cela représente un pas dans la mauvaise direction", a estimé Jack Ablin, responsable des investissements pour Cresset Wealth Advisors.

La réaction des marchés est toutefois selon lui restée assez mesurée car "cette administration fait maintenant face à un problème de crédibilité dans le mesure où ils changent sans cesse de position", et les investisseurs voient dans ses dernières décisions "surtout une tactique de négociation".

"Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a déjà souligné que les discussions se poursuivaient et le marché estime sans doute que des concessions vont être faites vu le poids et la force des Etats-Unis dans le commerce mondial", a aussi avancé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Ces tensions ont en tout cas relégué au second plan des indicateurs américains plutôt de bon augure, entre la stabilisation de l'inflation à +2% sur un an en avril, la nette progression des dépenses des ménages américains ce même mois et le repli des demandes hebdomadaires d'allocations chômage.

Le marché obligataire progressait légèrement: le rendement des bons du Trésor à 10 ans évoluait à 2,851% contre 2,855% mercredi soir et ceux sur les bons à 30 ans à 3,019% contre 3,027% à la précédente clôture.