Conjoncture

La dette italienne se tendait fortement mardi sur les marchés financiers, en raison d'inquiétudes après des propos de Silvio Berlusconi sur une possible monnaie nationale parallèle à l'euro. Mardi après-midi, la dette italienne à dix ans atteignait 2,103%, un bond de 7 points de base par rapport à la clôture lundi, qui la remet à son niveau de fin juillet alors qu'elle s'était détendue, comme la plupart des dettes de zone euro, depuis début août.

Selon des analystes, les marchés s'inquiètent de récents propos de l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui cherche à former avec la Ligue du Nord (anti-euro et anti-immigration) un bloc de droite capable de rivaliser avec le Parti démocrate (centre-gauche) et le Mouvement 5 étoiles (populiste) lors des législatives prévues début 2018.

"Tous les pays les plus importants, des Etats-Unis à la Grande-Bretagne, de la Fédération russe à la Chine et au Japon, ont combattu la crise aussi en imprimant de la monnaie. C'est ce que nous devrions faire également", a-t-il déclaré dans un entretien publié samedi par le quotidien Libero, en relevant l'absence actuelle d'inflation.

"La proposition de deux monnaies, l'une nationale pour les transactions intérieures et une commune pour les transactions internationales, se réfère à une situation similaire dans la pratique que nous avions dans les années 1980 et 1990 avec la lire et l'écu", a ajouté le magnat des médias.

Cette seconde monnaie pourrait servir de variable "pour relancer la consommation et la demande, qui sont des leviers fondamentaux pour une croissance soutenable et durable du pays", a-t-il ajouté en assurant que l'idée était compatible avec les traités européens.

"Evidemment, nous pourrons obtenir ce résultat avec la capacité de négociation que seul un dirigeant crédible, doté d'une longue expérience internationale et de relations solides, peut avoir avec les partenaires européens", a souligné le vétéran de la politique italienne.

Si l'idée d'une double monnaie a été caressée par le Front national en France, elle n'a pour l'instant pas marqué en Italie, où les propos de Berlusconi sont passés inaperçus dans la torpeur d'août, même si les médias s'accordent sur la probabilité que le "Caïman" tente un nouveau retour aux affaires, faute d'héritier.