Conjoncture

Le groupe d'infrastructure de télécommunications Arqiva et le grossiste alimentaire Bakkavor ont renoncé vendredi à leur introduction en Bourse à Londres, jugeant le marché trop incertain.

Arqiva a indiqué dans un communiqué avoir décidé de reporter son entrée en Bourse, estimant que mener une telle opération financière dans cette période "d'incertitude" sur le marché "n'est pas dans l'intérêt" du groupe, selon un communiqué.

La société avait pourtant annoncé son projet dix jours plus tôt, le 23 octobre, pour ce qui devait être la plus importante introduction en Bourse de l'année sur le marché londonien.

Elle ne donne aucun calendrier et se contente d'indiquer qu'elle envisagera à nouveau une entrée en Bourse une fois que les conditions de marché s'amélioreront.

Arqiva est spécialisée dans les tours d'émission et travaille avec des clients allant des grands groupes de télévision (BBC, ITV, Channel 4) aux opérateurs télécoms (EE, O2, Vodafone).

Elle entendait lever 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d'euros) et mettre en Bourse 25% de son capital, à l'occasion de cette opération.

De son côté, le grossiste alimentaire Bakkavor a quant lui indiqué dans un communiqué qu'il renonçait à son projet, pointant également "la volatilité actuelle du marché des introductions en Bourse".

Il reconnaît avoir reçu trop de peu de marques d'intérêt de la part des investisseurs. Bakkavor avait annoncé le 10 octobre vouloir mettre en Bourse 25% de son capital et lever 100 millions de livres.

Les déboires de ces deux sociétés interviennent alors qu'au même moment une autre introduction en Bourse, celle de la holding du milliardaire russe Oleg Deripaska, En+, peine à séduire les investisseurs.

En+, premier actionnaire du géant de l'aluminium Rusal et présente dans l'électricité, a levé 1,5 milliard de dollars pour la première introduction en Bourse d'une société russe sur le marché londonien depuis l'introduction des sanctions occidentales contre la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne.

Mais le prix de l'entrée en Bourse a atteint 14 dollars par action, soit dans le bas de la fourchette proposée par le groupe (entre 14 et 17 dollars), a-t-il annoncé.

Les difficultés rencontrées par plusieurs sociétés témoignent de la volatilité du marché des introductions en Bourse à Londres, qui est toutefois en meilleure forme depuis quelques mois après une activité au ralenti fin 2016 et début 2017.

Au 23 octobre, 9,6 milliards de dollars avaient été levés depuis le début de l'année dans la capitale britannique à travers 66 opérations, selon des chiffres du cabinet Dealogic. Le montant est deux fois supérieur à celui de l'an dernier à la même époque.

Il reste toutefois largement inférieur aux années fastes entre 2013 et 2015, alors que les incertitudes du Brexit et l'évolution volatile de la livre peuvent décourager certains investisseurs.

C'est dans ce contexte que la place financière de Londres espère prendre sa part dans l'introduction en Bourse du géant pétrolier saoudien Saudi Aramco, prévue en 2018.

Pour ce faire, le régulateur boursier britannique est même allé jusqu'à proposer d'assouplir certaines de ses règles pour séduire le groupe saoudien, suscitant en retour de nombreuses critiques au sein du monde politique et financier.