Conjoncture

Le ministre wallon de l'Agriculture René Collin et le chef de groupe cdH au parlement wallon Dimitri Fourny (cdH) ont appelé mardi à la mobilisation des responsables politiques belges, et en particulier le gouvernement fédéral, pour que la Belgique fasse entendre "une voix forte" afin de préserver l'agriculture dans les futurs budgets européens. 

Ils refusent le sacrifice de l'agriculture wallonne sur l'autel du Brexit, ont indiqué les deux chefs de file du Centre démocrate humaniste dans un communiqué commun. Selon deux scénarios de la DG Agriculture de la Commission européenne, évoqués mardi par le quotidien Le Soir, la Belgique perdrait entre 360 millions et un milliard d'euros notamment en raison du Brexit, qui affectera fortement la politique agricole commune (Pac).

D'après le scénario le plus pessimiste de l'exécutif européen, le budget de la Pac serait réduit de 30%. La Belgique perdrait un milliard sur une enveloppe d'un peu plus de quatre milliards (pour 2014-2020) d'aides à l'agriculture directes et indirectes.

Pour MM. Collin et Fourny, une confirmation de ce scénario constituerait "un véritable séisme pour l'agriculture wallonne".

Le ministre Collin a précisé avoir déjà réagi après la communication, le 29 novembre dernier, du commissaire européen à l'Agriculture sur les axes de la prochaine réforme de la Pac, en stigmatisant l'absence de garanties d'un cadre financier ambitieux. Lors des réunions ministérielles qui ont évoqué l'avenir de la Pac, la Belgique, à l'initiative de la Wallonie, a chaque fois plaidé pour le maintien d'un budget conséquent afin de faire face aux nombreux défis de l'Europe agricole.

Les scenarii analysés dans certaines notes internes à la Commission européenne évoquent un statu quo, ou une réduction de 15% et même de 30% du budget agricole.

Pour René Collin et Dimitri Fourny, ces dernières options seraient "totalement irréalistes et irresponsables".

Les deux chefs de file du cdH demandent le maintien du montant du budget Pac global avec compensation, sur fonds propres de l'Union, des pertes liées au Brexit, de façon à disposer des moyens nécessaires pour assurer aux agriculteurs les revenus nécessaires à la rentabilité de leur exploitation. Ils demandent aussi de mettre en place une politique efficace de gestion des crises, et d'assurer le financement des services sociétaux et environnementaux attendus par l'Europe de ses agriculteurs.

Ils exigent le maintien voire l'augmentation de l'enveloppe actuelle allouée à la Belgique au titre de la Pac, la cohérence de la Pac avec les autres politiques européennes, et la prise en compte de la situation très critique de certains secteurs agricoles, dont l'élevage.