Conjoncture

Un comité ministériel restreint a eu lieu à 17h00 et s'est terminé aux alentours de 19h00. Les travaux avancent bien au sein des partenaires gouvernementaux même si « quelques gros points de friction subsistent; notamment au niveau des revendications et prévisions de recettes présentées par le Ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA). Mais, et c'est sans doute l'un des points les plus importants : on ne serait pas loin d'un accord sur les chiffres. Un nouveau kern est prévu ce samedi à 18h00, dont le résultat dépendra surtout de la réunion préalable entre chefs de cabinet. Et se terminera peut-être au finish.

On le sait, la note était un peu plus salée que prévu. Le Comité de Monitoring avait rendu un rapport qui pointait un trou à combler de quelque 2,66 milliard d'euros pour la seule année 2019, pour respecter la trajectoire budgétaire prévue dans le cadre du Pacte de stabilité (Commission européenne).

C'était plus que le fourchette sur laquelle le gouvernement planchait jusqu'à alors (entre 1 et 1,5 milliard de déficit à combler). Mais les experts des différents cabinets ministériels ont planché sur les chiffres du budget, sur ceux des dépenses et des recettes fiscales (notamment les versements anticipés, pour lesquels certains voudraient voir la part structurelle portée à 60%…), et seraient proches d'un consensus, même si, comme le répètent quasi tous les acteurs contactés « tant qu'il n'y a d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien ». L'ardoise de 2,66 milliards d'euros ne serait donc pas loin d'être effacée.

Activer le marché du travail

Le kern de cet après-midi traitera d'autres choses, notamment le job's deal (métiers en pénurie), qui a fait l'objet d'un kern avec le G10 (partenaires sociaux) en début d'après-midi. Le gouvernement a renvoyé une partie des discussions au G10, lequel reprendra ses travaux sur les métiers en pénurie (et la loi Renault) en septembre, mais planche de son côté sur quelques mesures à mettre en place. Certaines d'entre elles sont déjà connues, comme nous l'écrivions dans nos éditions de jeudi (gel de la dégressivité des allocations de chômage pour les demandeurs d'emploi qui se formeraient dans un emploi en pénurie, prime d'outplacement de 1.800 euros, etc.).

Certes, ces mesures auront un coût pour le gouvernement fédéral, mais d'autres mesures, comme la dégressivité des allocations de chômage, permettront de renflouer les caisses. Dans quelle mesure ? Difficile à dire, mais le gouvernement, depuis 2014, a déjà diminué les dépenses de chômage de 1,5 milliards d'euros. Cela ne préjuge en rien de la baisse attendue des dépenses dans le cadre du "job's deal" (qui pourrait être conclu lundi), mais cela donne une idée de l'ordre de grandeur (centaines de millions d'euros).

En tout cas, du côté de la Suédoise, on fait un peu le même pari qu'en 2014 avec la baisse des charges patronales pour doper l'emploi. Ici, il s'agit selon les partenaires gouvernementaux d'activer le marché du travail, de permettre aux entreprises de recruter, après leur avoir donné la possibilité d'engager plus, pour espérer un effet retour positif à plus long terme sous la forme de créations supplémentaires d'emploi et d'activité.

Enfin, le kern de cet après-midi abordera également la question de la pénibilité des pensions. En revanche, pas d'Arco au menu. Cela commence à sentir le roussi sur ce dossier auquel le CD&V tient comme à la prunelle de ses yeux. Lié au dossier de l'entrée en Bourse de Belfius (pas de nouvelle non plus...), le cas du remboursement des coopérateurs "Arco" semble dans une situation inextricable. Week-end studieux en perspective...