Conjoncture

Le projet de taxe de 0,15 % sur les comptes-titres suscite beaucoup de questions et de craintes dans les banques du pays. Il se raconte que c’est Charles Michel lui-même qui serait venu avec cette mesure.

Dans le monde feutré des banquiers, c’est l’effervescence. Le sujet qui les préoccupe pour le moment est la taxe de 0,15 % sur les comptes-titres décidée lors du dernier conclave budgétaire fin juillet. "C’est inapplicable. Comment y arriver sans un cadastre des fortunes ? On commence à 0,15 %, mais le taux ne va-t-il pas vite être majoré à plus d’un pourcent ? Cela ne rapportera jamais les 250 millions annoncés. Ils n’auront pas la moitié", entend-on dire dans les QG des banques.

Il se raconte aussi dans les couloirs des institutions financières du pays que c’est le Premier ministre lui-même qui est venu avec cette mesure qui lui avait été soufflée à l’oreille, quelques mois auparavant, par une éminence grise proche du MR. Plutôt que d’imposer une taxe sur la plus-value défendue par le CD&V mais impossible à mettre en pratique, pourquoi ne pas mettre en place une taxe de 0,15 % sur le capital, aurait-on suggéré au cabinet de Charles Michel.

Subtil équilibre

Toujours selon les informations des banquiers (sur lesquelles nous n’avons pas obtenu de confirmation du côté du Premier ministre), cette taxe faisait partie d’un subtil équilibre entre les différentes demandes des partis de la majorité : à la N-VA, on a donné la baisse de l’impôt des sociétés, à l’Open VLD, on a accordé une mesure qui vise à encourager le capital à risque par une exonération de précompte sur un montant forfaitaire de dividendes. Et au CD&V, on a aussi promis une partie des recettes de la privatisation de Belfius pour les coopérateurs d’Arco, qui ont été victimes du démantèlement de Dexia.

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