Conjoncture Eurofer, l'organisation regroupant les producteurs d'acier présents dans l'Union européenne, a publié lundi le bilan 2017 du secteur ainsi que ses prévisions économiques pour 2018 et 2019.

Selon le rapport d'Eurofer, l'an dernier et par rapport à 2016, la demande d'acier dans l'UE a augmenté de 1,9 %. La consommation était en hausse de 4,2 %. La croissance totale du secteur sidérurgique s'affichait à 4,7 %, la meilleure depuis 2011.

Les secteurs européens de consommation d'acier qui se portaient bien en 2017 sont les tubes (+ 8,3 % par rapport à 2016, la plus forte production annuelle depuis 2012), l'ingénierie mécanique, les appareils électroménagers (+ 3,7 %) et la construction (+ 4,3 %, soit la meilleure performance depuis 2007).

Les importations d'acier par l'Europe ont chuté de près de 14 % en 2017. Cela s'explique notamment par une baisse des achats de produits venant de Chine (le plus gros producteur mondial d'acier) et d'autres pays, affectés par les mesures anti-dumping et anti-subvention prises par la Commission européenne à leur encontre.
L'UE importe principalement des produits sidérurgiques venant, dans l'ordre, d'Inde (pays qui a doublé ses exportations vers l'Europe), de Turquie (hausse des exportations de 65 %), de Chine, de Corée du Sud et de Russie. Ces cinq pays totalisent 80 % des importations d'acier de l'UE.

Les exportations d'acier européen ont, elles, augmenté de 1 % entre 2016 et 2017. Les plus gros acheteurs de produits sidérurgiques longs et plats "made in UE" sont la Turquie et l'Amérique du Nord.

Pour 2018 et 2019, Eurofer prévoit une hausse de la consommation d'acier en Europe de 1,8 % cette année et de 1,6 % en 2019. Secteur par secteur, on peut s'attendre à des augmentations d'utilisation d'acier dans la construction (+ 2,6 % en 2018 et + 2,2 % en 2019), l'ingénierie mécanique (+ 3,1 % et + 1,9 %), l'électroménager (+ 2,7 % et + 2,6 %). Les tubes devraient se tasser légèrement cette année (- 0,5 %) et repartir sensiblement à la hausse en 2019 (+ 0,7 %). Eurofer souligne toutefois que l'impact incertain du Brexit pourrait changer la donne dans certains secteurs.

En 2018 et 2019, les ventes européennes d'automobiles devraient connaître un ralentissement, surtout en Allemagne et en France, annonce Eurofer mais les activités de production partiraient tout de même à la hausse : + 1,7 % cette année et + 1,1 % l'an prochain.