Conjoncture

L'agence de notation financière S&P Global Ratings a relevé vendredi la note de la Grèce de "B-" à "B" prenant acte de l'amélioration de la situation économique du pays après plusieurs années de crise et indiqué qu'elle pourrait être encore remontée.

"Selon nous, les perspectives de croissance et budgétaires de la Grèce se sont améliorées avec parallèlement une reprise du marché de l'emploi et une période de relative stabilité politique", indique S&P.

La perspective sur cette nouvelle note est positive indiquant qu'une nouvelle amélioration est possible prochainement.

S&P souligne que cela serait le cas si Athènes parvient à reconstituer suffisamment de liquidités à l'issue du troisième programme de soutien accordé par l'Union européenne et la BCE avec le soutien du FMI pour "pré-financer" les futurs remboursements sur la dette.

Parmi les autres facteurs qui pourraient aboutir à un nouveau relèvement figurent une amélioration de la confiance des entreprises et une plus grande prédictibilité politique ainsi que d'éventuelles mesures d'allégement de la dette de la part des créanciers d'Athènes.

Une moins grande dépendance du secteur bancaire vis-à-vis des financements publics à court-terme et une accélération des exportations amenant à des surplus des comptes courants plus importants seraient également des facteurs positifs, note S&P.

Fitch relève la note de l'Espagne face à la réduction des déséquilibres économiques

L'agence de notation Fitch a relevé vendredi la note de l'Espagne de "BBB+" à "A-" en prenant note de la solide croissance et de la réduction des déficits mais en notant toutefois les risques posés par la Catalogne.

Fitch table notamment sur une croissance de 3,1% pour l'ensemble de 2017, soit une moyenne de 3,3% sur la période 2015-2017. Le taux de chômage est également passé à 16,7% en novembre pour 18,7% un an plus tôt alors que le déficit public devrait atteindre la cible de 3,1% du PIB fixée pour 2017 puis tomber à 2% cette année, permettant une réduction de coût du financement de la dette.

Fitch rappelle que ce déficit atteignait encore 4,5% en 2016 et 5,3% en 2015. La dette du secteur non financier a pour sa part baissé de 25 points de pourcentage entre le début 2015 et la fin 2017 pour s'établir à 159,9% du PIB, souligne Fitch.

L'agence indique toutefois que la croissance devrait ralentir cette année à 2,5% puis 2,2% en 2019.

La balance des comptes courants devrait pour sa part afficher un excédent de 1,8% cette année puis 1,7% en 2019 mais la dette publique devrait rester élevée à quelque 86% du PIB.

"Les évènements qui ont accompagné la déclaration d'indépendance de la Catalogne ont mis en exergue les risques politiques mais l'impact économique a jusqu'ici été limité", souligne Fitch.

L'agence rappelle que la Catalogne représente à elle seule environ 20% du PIB total de l'Espagne et que le rythme de sa croissance a ralenti de 0,9% au 3e trimestre 2017 à 0.7% au 4e.

"Fitch n'observe pas actuellement d'éléments qui pourraient former à court terme la base d'un accord mutuellement acceptable entre le gouvernement central et celui de la Catalogne" mais l'agence souligne toutefois qu'elle "continue de considérer une sécession de la Catalogne du reste de l'Espagne comme très peu probable".

Il devrait y avoir à terme "un accord sur des réformes financières régionales et une plus grande autonomie pour la Catalogne au sein de l'Espagne mais que cela sera un processus qui prendra du temps avec des risques épisodiques d'escalade", estime Fitch.

La perspective de la note est stable c'est à dire que Fitch n'envisage pas de la modifier dans un sens ou dans l'autre dans un proche avenir.