Conjoncture

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre canadien Justin Trudeau ont souligné lundi, au cours d'un entretien téléphonique, "l'importance de mener à bien" la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) alors qu'une septième session de travail entre Washington, Mexico et Ottawa s'est achevée sans avancée notoire.

M. Trump et M. Trudeau "ont tous les deux salué la progression des négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain", selon un communiqué émis par le cabinet du chef du gouvernement canadien.

"Les deux dirigeants ont aussi convenu de l'importance de mener à bien ces négociations", a affirmé le Canada.

Quelques jours après l'annonce par les États-Unis de l'instauration prochaine d'une taxe sur l'importation d'acier et d'aluminium, M. Trudeau a "manifesté ses sérieuses préoccupations à l'égard des tarifs que l'administration américaine se propose d'imposer sur l'acier et l'aluminium", a indiqué Ottawa.

"Il a insisté sur le fait que des tarifs ne faciliteraient pas une entente sur l'ALENA", a ajouté le cabinet du Premier ministre, quelques heures après que M. Trump eut indiqué que des exemptions douanières seraient envisageable en cas d'accord sur un nouvel accord de libre-échange.


Menaces de sanctions

Le Canada prendra des mesures "appropriées et rapides" contre des intérêts américains en cas d'imposition par les Etats-Unis de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium canadien, a averti lundi la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

"Si des restrictions devaient être imposées sur l'acier et l'aluminium canadiens, le Canada prendra des mesures appropriées et rapides pour défendre nos intérêts commerciaux et nos travailleurs", a-t-elle déclaré à Mexico où se tenaient jusqu'à lundi la septième session de renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena).

"Nous continuerons à défendre les travailleurs et les industries de l'aluminium et de l'acier", a-t-elle assuré, sans préciser quelles mesures de représailles étaient envisagées par Ottawa.

Le Canada est le premier fournisseur d'acier et d'aluminium des Etats-Unis.

L'Union européenne a déjà prévenu que des mesures de rétorsion rapides sur des entreprises américaines dans les matières premières, l'industrie et l'agriculture étaient prêtes. L'UE envisage également de saisir l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Les Etats-Unis ont annoncé la semaine dernière l'imposition prochaine de droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium, sans préciser quels pays seraient concernés.

Mais lundi, le président américain Donald Trump a affirmé qu'il pourrait transiger sur les taxes envisagées sur l'aluminium et l'acier si un nouvel accord de libre-échange "juste" avec le Mexique et le Canada était signé.

Cette septième session de renégociation de l'Alena s'est toutefois conclue lundi sans accord entre Washington, Ottawa et Mexico. Mme Freeland a reconnu que des "différences importantes" persistaient.


Wall Street revigorée alors que s'apaisent les craintes de protectionnisme

La Bourse de New York s'est retournée en cours de séance lundi pour terminer nettement dans le vert alors que les inquiétudes liées au protectionnisme défendu par Donald Trump s'atténuaient. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a grimpé de 1,37% à 24.874,76 points, mettant ainsi fin à quatre séances consécutives de baisse.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'est apprécié de 1,00% à 7.330,70 points. L'indice élargi S&P 500 a pris 1,10% à 2.720,94 points.

La place new yorkaise avait été prise de court la semaine dernière quand le président américain avait annoncé au débotté qu'il comptait imposer prochainement des droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium, provoquant un tollé mondial.

Les indices, déjà fragilisés par des interrogations sur la politique monétaire américaine, "s'étaient repliés dans l'anticipation de la mise en place de nouvelles barrières douanières" mais "la plupart des investisseurs ne pensent plus que le président va persister à vouloir mettre en oeuvre un plan aussi strict et onéreux", a avancé Sam Stovall de CFRA.

Même s'il s'est défendu de faire "marche arrière", Donald Trump a notamment souligné lundi qu'il pourrait envisager de revenir sur les taxes à l'importation si un nouvel accord de libre-échange "juste" avec le Mexique et le Canada était signé.