Conjoncture

La zone euro a donné lundi son accord de principe au déboursement d'une aide de 6,7 milliards d'euros à la Grèce après avoir constaté qu'Athènes avait mis en oeuvre l'essentiel des réformes qu'elle lui réclamait en échange de son soutien.

"Nous nous félicitons de l'adoption de presque toutes les mesures préalables convenues", permettant le déboursement prochain de 6,7 milliards d'euros, a déclaré lors d'une conférence de presse le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno.

Le Portugais a également annoncé que la zone euro allait pouvoir "dans l'avenir débuter le travail technique sur des mesures d'allègement de la dette grecque", appelées de ses voeux par Athènes, mais qui fait face aux réticences de plusieurs pays, Allemagne en tête.

La Grèce --sous le coup d'une dette colossale de 180% du PIB-- a mis en oeuvre "95 des 110" réformes économiques et sociales qui lui étaient demandées, a souligné lors de cette même conférence le commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici.

La mise en oeuvre de ces réformes a suscité grèves et manifestations dans le pays. La mesure la plus décriée consiste en un durcissement du droit de grève.

Elles étaient réclamées par les créanciers de la Grèce dans le cadre d'un troisième programme d'aide, lancé à l'été 2015 sous l'égide de l'Union européenne, qui prévoit au total des crédits d'un montant maximum de 86 milliards d'euros. Sur ce total, 40,2 milliards ont déjà été déboursés.

Ce programme court jusqu'au mois d'août et Athènes espère ensuite être en mesure de se financer à nouveau entièrement sur les marchés.

Les 6,7 milliards d'euros validés lundi doivent être versés en deux fois: d'abord une première tranche de 5,7 milliards d'euros dans la seconde moitié de février, puis une seconde d'un milliard d'euros en avril.

Cet argent doit permettre à la Grèce "de couvrir le service de la dette, de payer des arriérés" et aussi de commencer à constituer "un matelas financier" pour la période post-programme, a souligné M. Centeno.

Il constitue une "étape" importante vers la "sortie du programme" grec, "sur laquelle nous devons travailler d'ici cet été", a insisté M. Moscovici.