Conjoncture

La situation en Italie "n'inquiète pas" la Grèce alors qu'elle négocie sa sortie de crise, a affirmé jeudi le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, revenant sur la préoccupation affichée plus tôt par son gouvernement, mais aussi la Commission européenne.

"L'Italie ne nous inquiète pas, nous préparons avec sérénité et confiance notre sortie" des plans de soutien assurant depuis 2010 la survie financière du pays, a affirmé M. Tsakalotos au site d'information Newpost.

Le ministère a dans la foulée annoncé un nouveau relâchement du contrôle des capitaux imposé en juin 2015 pour sauver les banques, quand le pays était menacé d'une sortie de la zone euro. La mesure double, à 5.000 euros, le plafond de retrait mensuel en liquide pour les particuliers, et à 40.000 euros par jour le montant des transactions commerciales avec l'étranger.

Le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, avait fait part mardi de "l'inquiétude" d'Athènes face aux retombées sur les marchés financiers des turbulences italiennes. Le coût d'emprunt était alors grimpé en flèche pour les pays du sud de la zone euro, avant de refluer jeudi.

"Une situation fragile"

Le représentant chargé par la Commission européenne de veiller au redressement grec, Declan Costello, s'est toutefois montré moins rassurant, lors d'un congrès économique jeudi à Athènes.

"Il y a un impact négatif de l'Italie sur les taux, ce qui n'aide ni le gouvernement, ni les banques ni le monde des affaires", a-t-il relevé, soulignant que la Grèce sera "dans une situation fragile" après sa sortie, en août, de la perfusion financière UE-FMI.

MM. Tsakalotos et Costello sont toutefois tombés d'accord pour mettre en avant, au vu de la crise italienne, la nécessité de l'allègement de dette promis à Athènes par ses bailleurs de fonds.

"Les turbulences nous donnent un argument de plus" en ce sens, a jugé M. Tsakalotos, alors que Berlin résiste toujours aux pressions du FMI et de plusieurs partenaires, dont Paris, pour consentir à un geste en la matière.

"Il est impératif que les partenaires tiennent leurs engagements pour la dette" a fait écho M. Costello, soulignant que parallèlement le pays devait suivre des "politiques viables" sans retour en arrière sur la cure d'austérité et de dérégulation qui lui a été assignée.