Conjoncture La volonté du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium ne fait vraiment pas consensus, y compris dans son propre camp politique.

Ainsi, Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, qui était défavorable à cette mesure, a annoncé mardi sa démission. Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants, a plutôt préconisé des mesures ciblées sur le dumping de la surproduction chinoise et ce afin d'éviter "toute rétorsion et dommages collatéraux".

Mitch McConnell, le chef de file des Républicains au Sénat, a également fait part de ses doutes, expliquant que plusieurs de ses collègues redoutaient le déclenchement d'une guerre économique. "Il y a beaucoup d'inquiétude chez les sénateurs républicains sur le risque d'un glissement vers une guerre économique plus large et beaucoup de nos collègues discutent avec le gouvernement de l'étendue, de l'importance (des mesures voulues par Trump)", a-t-il déclaré.

Mais l'opposition la plus surprenante vient de ceux mêmes que Donald Trump voulait protéger. Dans une lettre envoyée mardi au président et rapportée par CNBC, 114 producteurs américains d'aluminium, qui emploient 713 000 personnes aux Etats-Unis, lui font savoir toutes les craintes que leur inspirent cette future taxation de 10 % sur les importations d'aluminium. "Nous craignons qu'elle fasse plus de mal que de bien. Malheureusement, les taxes proposées ne feront pas grand-chose pour résoudre le problème fondamental de la surproduction chinoise d'aluminium, tout en impactant la chaîne d'approvisionnement de partenaires commerciaux vitaux qui respectent les règles du jeu", ont-ils écrit.

Ils demandent à Donald Trump de chercher des alternatives aux pénalités douanières qu'il veut imposer : mesures ciblant les producteurs chinois ainsi qu'une exemption de taxes pour les canadiens, européens et autres producteurs.

La direction d'Alcoa, l'entreprise américaine troisième plus gros producteur d'aluminium au monde, a tout de même poliment indiqué qu'elle "appréciait" l'attention portée par le président à l'industrie américaine, tout en plaidant pour que le Canada (gros exportateur vers les Etats-Unis) ne soit pas frappé de taxes sur l'aluminium.

Donald Trump rencontrera jeudi les directeurs des entreprises américaines utilisant de l'acier et de l'aluminium (brasseries, fabricants de canettes, industrie pétrolière, constructeurs automobiles) pour évoquer le montant des taxes douanières sur ces produits.