Conjoncture

Donald Trump va-t-il enfin trancher définitivement vendredi la question des taxes d'importation sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) pour l'Union européenne ? Après avoir décidé le 1er mai que l'Europe serait exemptée pendant un mois, le président américain devrait enfin se prononcer.

Plusieurs scénarios sont envisageables : une taxation punitive, une exemption permanente (mais pas sans concessions commerciales de la part de l'UE), une prolongation de l'exemption temporaire ou l'imposition de quotas sur les quantités d'acier et d'aluminium européens qui seront autorisées à entrer aux Etats-Unis.

Cecilia Malmström, la commissaire européenne au Commerce, penche pour cette dernière option. Elle a déclaré mardi qu'il y avait même deux possibilités : des quotas stricts (un volume d'exportations à ne pas dépasser) et des quotas plus souples (d'autres exportations seraient permises mais avec des droits de douane).

Plan B

L'Union européenne avait préparé des mesures de rétorsion (des pénalités douanières sur un grand nombre de produits américains), applicables dès le 20 juin, si les Etats-Unis la frappait de taxes d'importation. Mais cette contre-attaque serait caduque dans le cas où des quotas seraient imposés, en raison de son manque de proportionnalité, un concept auquel sont très attachés les Européens.

Le "Wall Street Journal" croit savoir que Washington devrait annoncer vendredi l'application de tarifs douaniers supplémentaires sur les importations d' acier et d' aluminium.

La riposte européenne serait prête

Quoi qu'il arrive, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, qui a rencontré le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, a assuré ce jeudi que l'Europe prendrait "toutes les mesures nécessaires" pour répondre à des taxes punitives américaines sur les importations d'acier et d'aluminium, appelant Washington à la "sagesse". De telles mesures seraient "injustifiées, injustifiables et dangereuses", a-t-il estimé. "Nous ne pourrons pas rester sans réaction si jamais l'Union européenne (était) agressée."

Bruno Le Maire n'a pas précisé quelles mesures de rétorsion l'Union européenne envisageait mais il a affirmé qu'elles étaient "prêtes".

Jeudi toujours, la chancelière allemande Angela Merkel a indiqué que l'Union européenne répliquera de façon "décidée, intelligente et unie"  à d'éventuelles sanctions américaines qui, de plus, a-t-elle souligné, "ne sont pas conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce".