Conjoncture

Le chef de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevêdo, qui s'exprime rarement dans les médias, a appelé lundi à la fin de "l'escalade" alors qu'Américains, d'une part, et Européens notamment, d'autre part, se menacent de mesures douanières punitives. 

Pour rappel, il y a une bonne semaine, Donald Trimp avait instauré des taxes sur l'aluminium et l'acier à hauteur de 10 et 25 % respectivement envers le Canada, le Mexique et l'Europe. Les trois « victimes » du protectionnisme plus poussé instauré par les Etats-Unis ont certes déclenché des répliques fermes et proportionnelles, le risque d'une vraie guerre n'est pas écarté. "Nous devons stopper l'escalade des tensions, ce processus 'oeil pour oeil' n'est pas utile. (...) Des nouveaux secteurs vont être entraînés dans (la crise) ce qui va faire du mal à tout le monde", a déclaré Roberto Azevêdo à l'issue d'une réunion à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel et les représentants d'institutions économiques et financières internationales.

Les mesures de rétorsion prévues par l'Union européenne et le Canada sur des produits américains très spécifiques, dans des Régions « chères » au clan républicain de Donald Trump, devraient rentrer en vigueur le 1er juillet. Ce conflit commercial a connu une nouvelle escalade au sommet du G7 ce week-end au Canada, le président américain ayant retiré par tweet son soutien au communiqué final en réponse à des propos du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui dénonçait une nouvelle fois les mesures américaines.

Le président américain a dans la foulée menacé de nouveau de surtaxer aussi les importations aux Etats-Unis d'automobiles européennes, un secteur stratégique pour l'Allemagne (qui représente environ 50% des exportations européennes), si bien que la chancelière Merkel a (re)dit dimanche souhaiter un nouveau front commun européen le cas échéant. Interrogée lundi de nouveau sur le sujet, elle a dit ne pas vouloir "spéculer" sur la suite des événements.

"Je pense que les tensions commerciales croissantes soulèvent le risque d'un impact économique majeur, qui minera la plus longue période de croissance depuis la crise financière de 2008", a insisté le chef de l'OMC. "Les effets systémiques pourraient être très dommageables sur le long terme pour l'économie mondiale", a-t-il souligné, relevant à titre d'exemple que 30% des emplois allemands dépendent des exportations.

Les mesures commerciales américaines sur l'acier et l'aluminium visent aussi l'allié japonais, ainsi que le Mexique et la Chine, laissant craindre une guerre commerciale mondiale.