Conjoncture

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi qu'il reviendrait sur son idée hautement controversée d'imposer prochainement de fortes taxes douanières sur l'acier et l'aluminium à condition qu'un nouvel accord de libre-échange nord-américain Aléna "juste" soit signé. "Nous avons de profonds déficits avec le Mexique et le Canada. L'Aléna, qui est en cours de renégociation en ce moment même, a été un mauvais accord pour les Etats-Unis. Enormes délocalisations d'entreprises et d'emplois. Les taxes sur l'acier et l'aluminium seront retirées uniquement si un nouvel accord juste de l'Aléna est signé", a écrit Donald Trump sur Twitter.


"Aussi, le Canada doit bien mieux traiter nos agriculteurs. Très restrictif", a-t-il ajouté, après avoir à plusieurs reprises critiqué son voisin du nord, notamment sur sa production de lait.

"Le Mexique doit en faire beaucoup plus pour empêcher les drogues d'inonder les Etats-Unis. Ils n'ont pas fait ce qu'il faut. Des millions de gens sont dépendants et meurent", a-t-il poursuivi.


Les trois membres de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) - Etats-Unis, Mexique et Canada - sont engagés dans un septième et difficile round de renégociation, qui doit s'achever ce lundi. Donald Trump a par le passé qualifié cet accord de "désastre" pour les emplois aux Etats-Unis.

Le président américain a annoncé au débotté la semaine dernière qu'il comptait imposer prochainement des droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium, provoquant un tollé mondial, notamment en Europe.

Il a accentué sa rhétorique protectionniste au cours du weekend en évoquant dans un tweet une taxe sur les importations de voitures européennes si l'UE ripostait à sa décision d'imposer des droits de douanes sur l'acier et l'aluminium.

Emmanuel Macron appelle l'UE à "réagir rapidement"

Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi que si les annonces des Etats-Unis pour taxer les importations d'acier et d'aluminium étaient "confirmées", "il est important que l'Union européenne réagisse rapidement et de manière proportionnée, dans le cadre de l'OMC". "Il est clair que (ces mesures) seraient en contravention avec les règles de l'OMC (Organisation mondiale du Commerce): l'UE serait en droit, et ce serait le souhait de la France, de mener une action auprès de l'OMC et de prendre des contre-mesures" sur des biens américains, a-t-il précisé lors d'un point de presse avec le Premier ministre québécois, Philippe Couillard.


Après l'annonce par Washington de l'imposition prochaine de droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium, l'UE a annoncé vendredi préparer des mesures de rétorsion en taxant des produits comme les motos Harley-Davidson, le whiskey bourbon et les jeans Levi's. Le président américain Donald Trump a aussitôt répliqué en menaçant de taxer les voitures européennes.

Les annonces américaines seraient "de très mauvaises réponses à l'environnement que nous connaissons parce que c'est du nationalisme économique et comme l'avait dit un de mes prédécesseurs (...) le nationalisme, c'est la guerre, et la guerre tout le monde y perd", a insisté M. Macron.

"Prendre des mesures unilatérales, c'est prendre le risque du nationalisme pour des réponses de court terme qui ne sont jamais bonnes", a-t-il conclu.

De son côté, M. Couillard a estimé que "le marché américain va absorber" les taxes douanières et "ce seront les consommateurs qui vont payer" car "tout ce qui est fait avec ces métaux va augmenter aux Etats-Unis".

Cela s'est ainsi produit après les taxes américaines sur le bois de construction canadien, qui ont fait augmenter le prix des maisons aux Etats-Unis, a-t-il souligné.

"Quant à la guerre commerciale, il est rare qu'elle ne fasse pas que des perdants. Ce n'est pas une route où il faut amener le monde. Il faut plutôt montrer en exemple l'importance des marchés ouverts et leurs bénéfices mutuels", a estimé le dirigeant québécois.