Conjoncture

La liste noire de 17 paradis fiscaux épinglés mardi par l'Union européenne est largement insuffisante, ont dénoncé les Verts et l'eurodéputé PS Hugues Bayet. 

"Les tractations politiques ont conduit à mettre de côté des paradis fiscaux notoires, comme les territoires offshores britanniques, Hong Kong, le Qatar, ou encore la Suisse et les États-Unis", dénonce Eva Joly, vice-présidente de la commission d'enquête sur les Panama Papers.

"Cette liste est avant tout politique. Les États membres ont réussi à faire pression pour que leurs propres dépendances et territoires alliés n'y figurent pas", affirme l'eurodéputée, déplorant aussi l'absence de sanctions. Il n'est pas acceptable non plus à ses yeux que les États membres de l'UE aient été d'emblée exclus du processus de liste noire, alors que les Pays-Bas, l'Irlande, Malte, le Luxembourg et Chypre ne respectent pas les critères demandés aux pays tiers.

Hugues Bayet (PS) s'étonne aussi que certaines juridictions comme Jersey ou l'île de Man, abondamment citées dans les Paradise papers, n'y figurent pas, pas plus d'ailleurs que les Etats-Unis dont le Delaware est pourtant une plaque tournante de l'offshore. Avec l'absence sur la liste de certains États de l'Union, "tout ceci démontre que les États membres ont une fois de plus manqué du plus élémentaire courage alors que chaque année, ce sont 1.000 milliards de recettes fiscales qui leur échappent en raison des pratiques d'évasion fiscale et de blanchiment."