Conjoncture

La légende - colportée par l’intéressé ! - raconte que Jan Smets serait né à la Banque nationale de Belgique (BNB) tellement cela fait longtemps qu’il y travaille. Le gouverneur, qui part à la retraite fin 2018 à près de 68 ans, y a débuté comme stagiaire en 1973, il y a donc… 45 ans. Il a notamment travaillé pour le service d’études avant d’être détaché auprès des cabinets de Jean-Luc Dehaene et Wilfried Martens quand ils étaient tous deux vice-Premiers CVP. Il a été chef de cabinet de Jean-Luc Dehaene, alors Premier ministre, de 1992 à 1994.

Dix ans après la crise bancaire, quel est votre sentiment ?

De nombreuses réformes ont été entreprises depuis la crise. J’entends parfois dire que rien n’a été fait. Ce n’est pas exact. La situation des banques s’est renforcée en termes de rentabilité, de liquidité, de solvabilité, de gouvernance. La régulation est devenue plus stricte. La supervision s’est européanisée et améliorée. Les banques belges se sont recentrées sur leur cœur de métier. La grande leçon à tirer de la crise, c’est qu’il faut éviter les risques exagérés. Cela demande une surveillance accrue. En tant que superviseur, on veille aussi à ce que les institutions, poussées par un environnement actuellement difficile compte tenu des taux très bas et des marges réduites, ne prennent pas de nouveaux risques. C’est la raison pour laquelle la Banque nationale a tiré la sonnette d’alarme sur des prêts hypothécaires trop risqués.