Conjoncture D’après le Bureau du Plan, les mesures du gouvernement Michel portent leurs fruits. Des risques importants subsistent néanmoins.

Les chiffres qui ont été publiés la semaine dernière par le Bureau du Plan montrent que les années 2017 et 2018 s’annoncent bien pour l’économie belge. La croissance sera plus élevée que prévu (1,7 %). La réduction du coût du travail continue à encourager les créations d’emplois avec comme corollaire un taux de chômage qui devrait passer de 8,5 % en 2015 à 7,1 % en 2018. Autre bonne nouvelle, le revenu disponible des particuliers ne pâtit plus de mesures telles que la hausse de la TVA sur le prix de l’électricité ou le saut d’index. Quant à l’inflation, elle devrait refléter notamment la baisse des coûts salariaux ainsi que le recul des cours du pétrole pour tomber jusqu’à 1,2 % en 2018.

Tensions géopolitiques

Ces chiffres de l’institut fédéral de recherche économique ont été rapidement épinglés par plusieurs ministres. Le grand argentier Johan Van Overtveldt (N-VA) a souligné les effets bénéfiques de la baisse à venir de l’impôt de société. La ministre du Budget Sophie Wilmès (MR) a fait le lien d’une croissance soutenue avec la réduction du déficit budgétaire. Que du bon pour l’équipe Michel, en quelque sorte.

Toutefois, le Bureau du Plan met en garde sur "différents risques qui pourraient remettre en cause" le scénario international . En Chine, la croissance soutenue du crédit pourrait déboucher sur une crise de la dette et un ralentissement plus marqué que prévu de la croissance. Autre risque : un resserrement de la politique monétaire dans les économies avancées qui pourrait alimenter la nervosité des marchés financiers et creuser les écarts de taux d’intérêt entre membres de la zone euro. Les moindres propos de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, sont, dans ce contexte, scrutés de près. La confiance pourrait également être ébranlée par une escalade des tensions géopolitiques actuelles. Enfin, le résultat des négociations sur le Brexit semble encore très incertain.

Pour Geert Noels, le fondateur d’Econopolis, l’euro pourrait être le grain de sable qui enraye la machine économique. Et de souligner que la remontée de la monnaie européenne face au dollar (+14 % depuis le début de l’année) commence déjà à freiner certaines exportations. Or, estime-t-il, cette "appréciation n’est pas finie".

Sans vouloir minimiser les différentes mesures prises par le gouvernement fédéral, la reprise attendue en Belgique reste donc fortement tributaire d’un contexte international favorable.