Conjoncture

La croissance économique en Belgique sera de 1,5% cette année et en 2019, selon la dernière estimation émise vendredi par la Banque nationale (BNB). C'est une légère révision par rapport à la projection publiée en décembre (1,7%, égale à 2017), en raison d'un plus faible premier trimestre. Le gouverneur de la BNB, Jan Smets (photo ci-dessous), évoque un "abaissement naturel après une croissance excessivement forte". Il n'y a pas de remise en question de la croissance en général, selon lui. La croissance pourrait se tasser modérément ensuite (1,4% en 2020), en raison "du refroidissement du cycle d'investissements des entreprises et de la baisse de la croissance des exportations".


Hausse de la consommation, mais manque de confiance

La consommation des ménages va toutefois s'accélérer compte tenu de la hausse des salaires réels et du renforcement du pouvoir d'achat.

Parmi les risques internationaux, la BNB pointe les mesures protectionnistes décidées dans différents pays, les Etats-Unis en tête, ainsi que la volatilité accrue sur les marchés financiers.

"L'annonce de mesures protectionnistes ne concerne jusqu'à présent qu'une faible partie du commerce mondial, mais elle suscite néanmoins des doutes quant à la mesure dans laquelle ce dernier continuerait de soutenir la croissance mondiale et quant à la mesure dans laquelle l'incertitude qui y est associée pèserait sur les investissements", explique la Banque nationale.

Les investissements des administrations vont logiquement partir à la hausse compte tenu du contexte électoral (+6,6% en 2018) avant de reculer au lendemain du scrutin en 2019 (-1,9%).

Demande de main d'oeuvre moindre

Sur le marché de l'emploi, la croissance va également ralentir avec 97.000 emplois créés pour les trois prochaines années (2018-2020), contre 163.000 unités ces trois dernières années. "Une croissance plus faible du PIB réduit quelque peu la demande de main-d'œuvre", pointe la Banque. Les disparités croissantes entre les profils recherchés et disponibles sur le marché de l'emploi pèsent également.

Ce ralentissement de la croissance de l'emploi sera moindre dans le secteur privé et pour les indépendants. "Un nombre toujours plus élevé de travailleurs opte pour ce statut en raison entre autres des améliorations apportées ces dernières années à ce régime et aux possibilités offertes aux retraités de combiner pension et activité professionnelle en indépendant", souligne la BNB.

"Mais la croissance reste bonne"

A l'échelle de la zone euro, le taux de 2,5% de croissance relevé l'an dernier était difficilement soutenable d'année en année, explique le gouverneur de la BNB. "Mais la croissance reste bonne", légèrement supérieure à 2% pour 2018 et légèrement inférieure à 2% pour l'an prochain.

Pour la Belgique, la Banque table sur un déficit public égal à l'an passé, à -1%, avant de se creuser quelque peu en 2019 (-1,8%). L'inflation devrait atteindre 2,1% cette année avant de revenir à 1,6% en 2020.