Conjoncture

L'euro montait nettement lundi face au dollar au lendemain du premier tour de la présidentielle française, les cambistes jugeant le pro-européen Emmanuel Macron très bien placé face à l'eurosceptique Marine Le Pen.

Vers 21H00 GMT (23H00 à Paris), l'euro valait 1,0867 dollar, contre 1,0726 dollar vendredi soir.

La devise européenne avançait fortement face à la monnaie nippone, à 119,29 yens pour un euro contre 117,07 yens vendredi soir.

Le dollar montait face à la devise japonaise, à 109,78 yens pour un dollar contre 109,15 yens vendredi.

"Les résultats de l'élection française sont favorables à l'euro, du moins à court terme, et c'est ce qui est à l'origine des principaux mouvements aujourd'hui", a résumé Eric Viloria, de Wells Fargo.

A l'issue d'une fin de campagne jugée très incertaine, le premier tour de l'élection présidentielle a dégagé deux candidats, le pro-européen Emmanuel Macron et la nationaliste Marine Le Pen, qui s'opposeront le 7 mai pour devenir le futur chef d'Etat français.

Si Mme Le Pen, qui souhaite à terme sortir de l'euro, reste considérée comme l'une des candidates les plus dangereuses pour la monnaie unique, les cambistes craignaient que le second tour l'oppose au candidat de gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, plutôt défiant face à ses partenaires européens. Les observateurs jugent aussi que M. Macron est mieux placé face à Mme Le Pen que ne l'aurait été le troisième homme, le conservateur François Fillon.

A la suite de l'annonce des premières estimations dimanche à la fermeture des bureaux de vote, l'euro a monté à ses plus hauts niveaux face au dollar depuis le 10 novembre, soit après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle aux États-Unis. La monnaie unique a ensuite un peu ralenti sa flambée.

"Même s'il y encore de la marge à la hausse lors du scrutin de début mai, on peut toujours s'attendre à ce que l'euro finisse par s'affaiblir vu les perspectives générales de politiques monétaires", a nuancé M. Viloria.

La Réserve fédérale, la banque centrale américaine, reste sur la voie d'un resserrement monétaire favorable au dollar, alors que la Banque centrale européenne (BCE) ne donne guère de signe d'un éventuelle modération de sa politique très interventionniste, celle-ci diluant de fait la valeur de l'euro.

A ce titre, "la BCE va retenir l'attention lorsqu'elle rendra jeudi une décision de politique monétaire", a prévenu dans une note Joe Manimbo, de Western Union.

Bien que les analystes ne s'attendent pas à un changement concret de politique, ils surveilleront le contenu du communiqué de la BCE et des déclarations de son président, Mario Draghi.

Pour le moment, en plus du contexte politique, "la semaine a commencé de façon encourageante (pour l'euro) sur le front économique, puisqu'un indice sur le moral des entrepreneurs allemands s'est établi au plus haut depuis six ans", a conclu M. Manimbo.

Le baromètre de l'institut Ifo s'est nettement amélioré en avril, reflet du mini-boom que traverse actuellement la première économie européenne.

Vers 21H00 GMT, la livre britannique baissait nettement face à la monnaie européenne, à 84,94 pence pour un euro, et, dans une bien moindre mesure, face au dollar, à 1,2793 dollar pour une livre.

La monnaie suisse baissait fortement face à l'euro, à 1,0820 franc pour un euro, proche de ses plus bas niveaux de l'année, et évoluait peu face au billet vert, à 0,9957 franc pour un dollar.

La devise chinoise a terminé en petite hausse face au dollar, à 6,8847 yuans pour un dollar à 15H30 GMT contre 6,8859 yuans vendredi à la même heure.

L'once d'or a fini à 1.269,40 dollars au fixing du soir, contre 1.281,85 dollars vendredi.