Conjoncture

Les ministres européens des Affaires étrangères débattent ce jeudi à Bruxelles d’un point important pour les entreprises et l’industrie de l’Union européenne (UE) : la lutte contre le dumping commercial. Par dumping, on entend la vente par un pays de produits, sur un marché extérieur, à un prix en dessous de celui pratiqué dans le marché intérieur voire, carrément, à perte.

La Chine est pointée comme étant un acteur majeur du dumping au niveau mondial, dans les secteurs de l’acier, panneaux solaires, de la céramique ou de l’aluminium. Elle est également accusée de largement subventionner son industrie. Pour lutter contre ces pratiques déloyales, les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) peuvent instaurer des droits de douane ou droits antidumping pénalisant les produits incriminés et les Etats fautifs.

Un accord des 28 ambassadeurs de l’UE

En novembre, la Commission européenne proposait de modifier la législation de l’UE en matière d’antidumping, jugée trop faible par les industriels européens, si on la compare à celle des Etats-Unis, par exemple. Ce projet, qui a été adopté par les 28 Etats membres le 3 mai, est donc discuté aujourd’hui en conseil des Affaires étrangères.

Que prévoit-il ? Eh bien, une nouvelle méthodologie de calcul du dumping et une nouvelle approche, qui n’est pas sans arrière-pensée par rapport à la Chine. Actuellement, pour calculer le dumping émanant de pays qui ne sont pas des économies de marché (comme la Chine), on prenait comme référence de prix des données provenant de pays dits "analogues" mais qui sont des économies de marché. A l’avenir, on garderait cette approche mais on appliquerait la règle du pays analogue à tous les pays membres de l’OMC et donc pas forcément aux économies de marché.

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