Conjoncture Les sanctions décidées par Trump ont un impact significatif.

Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement prévu de dures sanctions économiques compromet les activités des multinationales européennes en Iran. Petit point non exhaustif sur la situation.

Dans le secteur automobile, Renault et PSA écoulent près de la moitié des voitures neuves immatriculées en Iran. PSA a annoncé début juin qu’il préparait la suspension de ses activités sur ce qui est son principal marché étranger en volume, minimisant toutefois l’ampleur de son retrait à moins de 1 % de son chiffre d’affaires. Renault a pour sa part assuré ne pas vouloir abandonner ses activités en Iran, quitte à réduire la voilure très fortement. De son côté, l’allemand Daimler avait signé en 2016 plusieurs protocoles d’accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz. Quant à Volkswagen, il sera probablement contraint de renoncer au marché iranien.

Mais le secteur le plus touché sera probablement l’aéronautique, alors que de gros contrats avaient été signés après l’accord sur le nucléaire. En effet, l’Iran souhaite moderniser une flotte vieillissante d’avions. Airbus avait enregistré des commandes de compagnies iraniennes pour 100 avions et seuls trois appareils ont été livrés à ce jour. La perte du marché iranien ne serait toutefois pas trop lourde pour Airbus. Avec 7 168 avions en carnet de commandes au 30 juin, l’avionneur européen a de quoi voir venir.

Dans le secteur pétrolier, le géant italien ENI, dont le contrat d’achat de 2 millions de barils de pétrole chaque mois expire fin 2018, a préféré rester prudent et n’a pas resigné d’accord.

Vols supprimés

En outre, les compagnies britannique British Airways et allemande Lufthansa, qui avaient repris des vols directs vers Téhéran, vont devoir cesser cette activité si elles veulent continuer à opérer librement des vols transatlantiques.

Dans le secteur hôtelier, le français AccorHotels, qui a ouvert deux hôtels à l’aéroport de Téhéran en 2015, pourrait être pénalisé, tout comme le groupe émirati Rotana Hotels qui disait vouloir s’implanter en Iran. L’espagnol Melia Hotels International, qui a signé un accord en avril 2016 pour gérer un hôtel de luxe cinq étoiles en Iran, le Gran Melia Ghoo, a indiqué qu’il est en cours de construction et qu’il ne souhaite pas se prononcer sur "ces questions politiques", surtout dans cette phase "tellement prématurée".

L’allemand Siemens s’était relancé en Iran en s’associant à l’iranien Mapna. Un porte-parole du groupe a assuré qu’il voulait "rester en stricte conformité" avec les réglementations en cours sur les exportations, y compris les sanctions américaines, sans toutefois annoncer son retrait.