Conjoncture

L'UE est prête à offrir au Royaume-Uni "le plus ambitieux" des accords commerciaux après son départ à condition que Londres respecte les strictes conditions européennes, a affirmé lundi le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier.

L'ouverture de négociations avec Londres en vue d'un accord de libre-échange après son départ en mars 2019 nécessite qu'aient d'abord été réglées les conditions du divorce, jugées prioritaires, comme les conséquences de la séparation pour l'Irlande ou le règlement financier.

"Si nous parvenons à négocier un retrait ordonné et à établir des règles du jeu équitables pour l'avenir, notre future relation aura toutes les raison d'être ambitieuse. C'est l'option que nous privilégions", a affirmé M. Barnier lors d'un discours devant le centre d'analyses Centre for European Reform (CER) à Bruxelles.

"C'est la raison pour laquelle nous avons entamé des préparatifs internes avec les Etats membres pour parler de l'avenir dès que nous nous serons mis d'accord sur la façon de régler le passé", a ajouté le Français.

Dans ces conditions, "l'Union européenne sera prête à offrir son approche des traités de libre-échange la plus ambitieuse" au Royaume-Uni, a-t-il promis.

M. Barnier a cependant rappelé que Londres devait faire un choix entre le respect des normes de l'UE en matière d'environnement, de santé ou de droits des travailleurs et celles d'autres partenaires, en écho à un appel récent du secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross à suivre les règles américaines dans le cadre d'un futur accord commercial.

Le Royaume-Uni "veut-il rester proche du modèle européen ou veut-il progressivement s'en éloigner ? La réponse (...) à cette question sera très importante et même décisive", notamment pour la ratification d'un éventuel accord commercial devant les parlements nationaux de l'UE, a-t-il estimé.

"Je ne dis pas ça pour créer des problèmes, je dis ça pour éviter des problèmes", a plaidé M. Barnier.

Ce dernier a également insisté sur "l'intégrité du marché unique", martelant qu'il ne pourrait pas y avoir de marché unique "à la carte", notamment en ce qui concerne les services financiers, chers aux Britanniques.

"Sur les services financiers, certaines voix britanniques suggèrent que le Brexit ne signifie pas le Brexit. Brexit veut dire Brexit, partout", a-t-il expliqué, soulignant que les prestataires de services financiers basés au Royaume-Uni perdraient le "passeport" qui leur donne accès au marché unique.

"Le +no deal+ (l'échec des négociations, ndlr) n'est pas notre scénario, même si nous serions prêts à cela", a également rappelé M. Barnier.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a donné jusqu'à début décembre au Royaume-Uni pour avancer sur les dossiers prioritaires liés au divorce, sans quoi il ne pourra pas proposer aux dirigeants des 27 de donner leur feu vert au passage à la deuxième phase des négociations lors d'un prochain sommet européen mi-décembre.