Conjoncture

La Commission européenne a marqué ses doutes mercredi sur l'amélioration de la dette de la Belgique, épinglant ce pays au même titre que l'Italie. La Commission ne voit toutefois pas de raison suffisante pour ouvrir une procédure de déficit excessif à l'encontre de ces deux pays, "à ce stade au moins", a-t-elle indiqué en présentant ses recommandations par pays. Pour la Belgique, il n'existe pas de preuves suffisamment solides pour conclure que le pays ne s'est pas conformé aux exigences du "bras préventif" du pacte de stabilité, note la Commission concernant cette procédure de surveillance européenne des politiques économiques nationales.

"Le rapport n'a pas pu déterminer pleinement si le critère de la dette est ou n'est pas respecté", avoue l'exécutif européen.

"Nous continuons d'observer la situation de près, nous avons eu un dialogue très positif avec le gouvernement belge et j'espère que cela se poursuivra", a commenté le commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici.

La Commission réévaluera l'année prochaine la conformité des deux pays au pacte de stabilité et de croissance, bien qu'elle estime que pour l'Italie, le critère pourrait être considéré comme conforme.

Les prévisions économiques de printemps de la Commission européenne prédisaient pour la Belgique une dette publique en baisse lente, à 103,1% du PIB en 2017, 101,5% cette année et 100,2% l'an prochain. Mais le déficit structurel, lui, stagnerait à 1,3% et 1,4% en 2017 et 2018, et repartirait en légère hausse (1,7%) en 2019.

"Pas une surprise, mais un encouragement"

Le rapport de la Commission européenne sur la situation de la dette belge ne constitue "pas une surprise", mais un "encouragement pour continuer à travailler dur et prendre des décisions jusqu'au dernier jour de cette législature", a déclaré mercredi le Premier ministre Charles Michel, en marge d'une visite au marché de l'assurance Lloyd's à Londres.

Selon M. Michel, le gouvernement a déjà engrangé "d'excellents résultats" ces dernières années en matière d'assainissement des finances publiques, tout en réduisant dans le même temps la charge fiscale de cinq milliards d'euros et en investissant dans la sécurité.

Le chef de l'exécutif fédéral voit ce rapport comme un "encouragement" et entend continuer lors de la dernière année de cette législature à "prendre des décisions pour la relance économique, les investissements, l'emploi et l'assainissement des finances".