Conjoncture Suite à des plaintes déposées par des fabricants européens de vélos électriques contre leurs concurrents chinois, la Commission européenne a annoncé jeudi qu'elle ouvrait une enquête anti-subsides contre ces industriels chinois qui exportent leurs produits vers l'Union européenne. Si des preuves que des subventions étatiques ont bien été octroyées aux fabricants par l'Etat chinois, des sanctions commerciales seront prises à leur encontre.

L'ouverture d'une première enquête, anti-dumping celle-là, contre ces mêmes fabricants avait été annoncée par la Commission le 20 octobre.

Les industriels européens se plaignent de concurrence déloyale, au vu des prix extrêmement bas pratiqués par les Chinois et de leur excédent de production. De plus, Pékin subventionne nombre de ses secteurs industriels, ce qui n'est pas autorisé par les règles de l'Organisation mondiale du commerce.

La Chine a fortement développé ses exportations de vélos électriques vers l'UE, passant en 2010 de presque rien à, en 2017, 800 000 e-bikes. Au niveau mondial, le secteur est en pleine expansion avec une production qui pourrait décupler d'ici à 2050 : de 200 millions de vélos électriques actuellement mis sur le marché, on passerait à 2 milliards.

Moreno Fioravanti, le secrétaire général de l'Association des fabricants européens de vélos, se réjouit de l'ouverture d'une enquête européenne. "Les vélos électriques chinois envahissent le marché européen à une vitesse et un taux alarmants et avec des prix anormalement bas. Les producteurs exportateurs bénéficient d'énormes subsides d'Etat, ce qui encourage la surproduction. Les fabricants européens ne peuvent pas rivaliser, face à l'ampleur de ce dumping d'Etat. Ils subissent des pertes d'emplois, d'investissements et de croissance. Certains ont déjà fait faillite à cause de cette concurrence chinoise déloyale", déclare-t-il.